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Through the ages, never forget. {Tallulah} [PAST]

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Mer 29 Juil - 20:06
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THE MIND IS EVERYTHING.
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ARRIVÉE DANS LE SUD : 26/07/2015
PARCHEMINS : 9
POUSSIÈRE DE FEE : 0
RESIDENCE : A ce jour, Raidan a élu domicile au sein de Bramblesland. C'est un endroit qui lui convient puisqu'il a réussi à s'y faire une place. Sa contrée d'origine ne lui manque absolument pas puisqu'il l'a quittée alors qu'il était relativement jeune.
FONCTION : Il est conseiller politique, voix du peuple auprès des plus grands mais également sa propre voix. C'est à force de travail mais aussi et surtout de jeu et de manipulation qu'il a réussi à en être là où il en est.
HUMEUR : Il est d'une humeur plutôt instable depuis quelques temps, plus qu'à l'ordinaire disons et il maudit tant qu'il désire la cause de cette humeur instable.
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Through the ages,

never forget.







Une obsession. C’est une véritable obsession. Hanté jour et nuit. Davantage la nuit, c’est vrai, puisque ce sont mes songes qui me replongent chaque nuit dans cette eau trouble et agitée. Quand vient le jour, j’ai l’esprit ailleurs, trop occupé bien souvent mais dès que mes pensées se reposent, il n’est pas rare que je sois de nouveau assailli par ces images, par ce visage surtout, ce visage aux très flous, sombres, qu’il m’est impossible de reconnaître. Ce n’est pas faute pourtant d’avoir essayé. A maintes et maintes reprises j’ai essayé de creuser, j’ai essayé de forcer mon esprit à se souvenir et si un doute a fini par naître de cette insistance, il n’en ressort aucune certitude : je ne suis pas sûr de moi. Peut-être est-ce aussi le désir inconscient de la revoir. Peut-être est-ce pour cette raison que je me surprends à imaginer ses traits, ses mains, sa voix : Tallulah. Cela fait bien longtemps que nous ne nous sommes pas revus, des années en réalité et la jeune sirène qu’elle était a dû changer comme j’ai moi-même changé. Si j’ai mal agi avec elle au début, je l’ai regretté par la suite et je l’ai laissée partir. Elle a su éveiller certains sentiments en moi si bien qu’au final, je n’ai pas pu me résoudre à la garder captive plus longtemps et elle est partie à une vitesse lorsqu’elle a enfin récupéré ses nageoires… Ce sont là des souvenirs marquants, brûlants et ce n’est sans doute pas elle qui m’a sorti de l’eau voilà 7 ans, c’est probablement une autre sirène mais mon esprit me joue des tours à ce sujet. Le doute est maintenant trop installé pour que je ne tente pas de découvrir la vérité.

Mais comment découvrir la vérité ? En parcourant le bord de mer, tout simplement.

Je ne suis pas dupe, j’ai bien conscience que c’est chercher une aiguille dans une botte de foin, que j’ai non seulement peu de chances de tomber sur des sirènes mais encore moins de chances de tomber sur la sirène qui m’a sauvé la vie et quant aux chances de voir Tallulah… Pourtant, une fois par mois, je prends mon cheval et je fonce jusqu’à la mer, je marche sur le port, sur le sable, entre les rochers, j’observe, je guette, en fait, et cela fait des mois que cela dure. Je suis cependant quelqu’un de persévérant et je n’abandonnerai pas : je veux savoir, j’ai besoin de savoir. Voilà pourquoi, aujourd’hui, j’ai enfilé mes habits de route. Voilà pourquoi, aujourd’hui, je prends mon cheval et quitte le château en direction de Whitepearl. Une fois arrivé à destination, c’est la même excitation qu’à chaque fois qui s’empare de moi. Je confie mon cheval à maréchal ferrant et m’éloigne ensuite vers le port. Je prends une grande inspiration et respire l’air de la mer. Un sourire étire alors mes lèvres : la mer me manque, je ne peux le nier. La piraterie coule dans mes veines, c’est, au fond, ce que je suis vraiment mais j’ai trop de sang sur les mains et trop de morts sur ma conscience pour oser racheter un navire et recomposer un équipage. Pourtant, j’aimerais souvent retourner à la mer. Mer que j’observe avec révérence, fascination et amour. Je glisse finalement mes mains dans mes poches et commence mon avancée. Des coups d’œil aux navires, aux équipages, aux passants, des coups d’œil partout en fait. Je scrute. Cela peut sembler étrange de chercher une sirène sur la terre ferme mais je sais qu’elles ont la faculté d’avoir des jambes quand elles le souhaitent, et même si je doute que Tallulah ait cette envie (en tout cas elle ne l’avait pas lorsqu’elle était avec moi il y a des années de cela), je me dois de chercher partout : je ne dois écarter aucune possibilité même si, jusqu’à présent, mes recherches n’ont strictement rien donné. Je croise soudain un visage connu et l’homme m’arrête pour me saluer : je fais de même. Il était canonnier sur mon navire. Nous échangeons quelques mots, partageons ce qu’il est advenu de nos vies respectives durant ces dernières années et si lui est toujours canonnier, il semble surpris d’apprendre que je suis conseiller politique. Il m’avoue qu’il avait entendu des rumeurs à ce sujet mais qu’il ne voulait pas y croire. Je lui adresse un sourire quelque peu forcé : parfois, moi aussi j’ai du mal à y croire. Et, quand finalement il me dit, droit dans les yeux, que si jamais je souhaite reprendre la mer un jour je peux compter sur lui, je glisse une main amicale sur son épaule avant de le remercier puis de m’éloigner.

Chamboulé. On peut dire que je le suis.

C’est étrange d’être l’objet d’une telle loyauté, d’une telle fidélité alors que par ma faute, la presque totalité de notre équipage a perdu la vie et, lui, il serait capable de revenir sous mes ordres. Un homme bien. C’est un homme bien. L’ombre d’un sourire étire doucement mes lèvres puis, après avoir relevé les yeux, je me fige, mon sourire disparaissant pour laisser ma bouche s’entrouvrir : j’ai rêvé ? Je rêve ? Non. C’est bien elle. Non. Si. Je cligne des yeux, accélère le pas, je tends le cou : elle a des jambes et elle a vieilli mais c’est elle. Je la reconnaîtrais entre mille. Je suis sur le point de l’appeler quand je réalise que je ne peux pas crier au milieu de cette foule : mieux vaut rester discret car en plus, elle n’est pas seule. Elle est accompagnée de deux jeunes femmes, des sirènes elles aussi très probablement. Je marche donc à leur suite tout en gardant une distance raisonnable afin de ne pas me faire surprendre. J’ignore ce que je vais dire ou faire mais je les suis. L’idéal aurait été que Tallulah soit seule et que nous soyons à l’abri des regards mais ce n’est pas le cas. Mes pas suivent les leurs et tandis que nous arrivons à la plage, elles commencent à se presser. Je fais de même, suivant leur cadence tout en restant à distance. Ce n’est que quand elles disparaissent derrière des rochers que j’accélère réellement le pas : hors de question que je les laisser filer. Hors de question que je la laisser filer. Je grimpe sur les rochers, je fais si vite que je m’écorche la main mais je ne m’en préoccupe pas : d’une, j’ai vu pire, de deux, je ne vais pas manquer ma chance pour une stupide coupure. J’aperçois finalement le sable, la mer. Je vois une queue de sirène disparaître dans l’eau mais je vois surtout Tallulah au bord de l’eau.

« Attends ! » je m’écrie, débout sur un rocher. « Tallulah ! » j’ajoute un peu plus for.

Si je l’effraie, elle va foncer dans l’eau et je me dis que prononcer son prénom peut la rassurer, ne serait-ce qu’un tout petit peu. Je saute sur le sable mais ne m’avance pas trop. Je l’observe et, parce que je réalise qu’elle ne me reconnais peut-être pas, je lève doucement les mains en signe de paix.

« C’est moi, Raidan. »

Et là, ça peut être le drame parce qu’elle n’a dû connaître qu’un seul Raidan et qu’il l’a quand même faite prisonnière pendant quelques temps avant de se décider à la relâcher. J’espère qu’elle se souviendra davantage du fait que je l’ai libérée plutôt du fait que je l’avais emprisonnée…
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© charney

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Jeu 30 Juil - 22:25
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I'M FROM THE DEEP BLUE UNDERWORLD - I'M THE PEARL. NO ORDINARY GIRL.
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ARRIVÉE DANS LE SUD : 26/05/2015
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RESIDENCE : ≈ Tu tournes et tourbillonnes c'est plus agréable que d'avoir les pieds qui se collent dans le sable. Tu nages dans un ciel d'aquarel où la vie est bien plus réelle, si tes doigts sont fripés cela importe peu, ni l'océan bleu qui défait tes cheveux.
HUMEUR : ≈ joueuse et distraite, à noyer quelques marins...
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Through the ages, never forget
« J'ai gardé le meilleur et enterré le reste, effacé les erreurs, oublié les promesses. . »

 
Tu voudrais vivre, vivre la vie, la vraie. Et ne plus rôder autour d'une semblante routine qui mène au trou. Tu peux être dans un endroit bondée, à voir des gens te regarder, te parler...surtout te parler ... tu restes seule. Seule, carrément sans toi, sans rien ni personne, tu es seule, vide et ailleurs. Partie, partie très tôt et jamais revenue. Mais non, tu n’es jamais partie, tu ne crois pas. Tu es peut-être morte ? Non, pas morte non plus. Tu n'as jamais été là, en fait... Tu n'as jamais vraiment été vivante. C’est ça, c’est cette impression qui t’habite, jour après jour, après jour… Ce pourquoi tu pousses le vice de l'aventure toujours plus loin, plus vite, plus longtemps. Il t'en faut sans cesse d'avantage. Hier de simples rivages, des plages pour quelques minutes, aujourd'hui de véritables escapades au sein même de la citée de la perle blanche. Tu n'arrive pas à croire que tu fais cela ! Pourtant c'est bien toi qui braves les règles de votre monde, qui as l'audace d'écouter ta curiosité jusqu'à te mettre en danger. Tu ne sais plus exactement quand et comment, mais cette envie est devenue de plus en plus présente au fil des années, oppressante, t'obligeant à nier les interdits et te faire effrontée des océans ! Ou si, peut-être que tu sais exactement quand ta fascination a outre-passé ses droits, tu préfères juste l'ignorer, l'oublier. Sortir de ton esprit ce qui à ton sens doit rester bien tapis dans un lointain passé. Tu n'y pense plus alors cela n'existe plus. Il n'existe plus.

Les étoiles tissent leur toile d'araignée dans les ténèbres du ciel mais ce soir tu ne te perds pas dans la contemplations des astres, engouffrée dans une drôle de boutique humaine tu observes avec intérêt tous les gadgets exposés sur les étagères. Tu as traîné ta cousine Vaehina avec toi et bien entendu Aenor son garde rapproché ne vous a pas quitté d'une semelle, tu as bien essayé de la convaincre que cela n'était pas nécessaire, votre amie n'en démordait pas. Tu as fini par céder ne voulant pas perdre plus de temps en débats inutiles. Vous avez ainsi flâné toute l'après-midi à travers la capitale, et quelle ville majestueuse ! Tu ne te risques que rarement dans ces ruelles, cependant tu admets espacer de moins en moins tes petites sorties impromptues, grâce à Valerian tu deviens moins prudente, moins vigilante bien malgré toi. Tes craintes premières font place à des découvertes toujours plus palpitantes. Néanmoins tu te rends bien compte que vous êtes loin de passer inaperçues, de part votre apparence, beauté surnaturelle qui n'attire que trop le regard des hommes au cœur si aisément corruptibles. Votre accent n'arrange rien à la situation sans parler de votre accoutrement, tu as dû expliqué à tes compagnes qu'il était de coutume de se vêtir chez les humains cependant votre expérience en la matière reste encore très succincte, c'est donc très peu habillée que tu t'es promenée dans les alentours, tu as croisé bon nombre de passants qui vous accostaient, ils vous proposaient des pièces d'or contre certains services auxquels tu n'as pas prêté attention. Tu aurais accepté l'argent avec joie si tu avais compris leur requête or ce fut loin d'être le cas, si tu savais alors que tout s'achète ici-bas même les plaisirs de la chair, pour sur que tu aurais trouvé ces hommes et leur argent détestables.  « Oh ! Qu'est-ce donc ? » Te surprend la voix de ta cousine alors que tu observes avec intention un livre avec une très belle reliure en cuir bleue, tu te retournes vers elle un sourire au coin des lèvres pour le lui montrer de plus près  « Hmm... Valerian m'a déjà parlé de ça, je crois que cela s'appelle un roman. » C'est dubitative qu'elle accorde encore quelques secondes d'intérêt à l'ouvrage avant de s'en détourner définitivement, si facilement lassée. Tu la laisses s'éloigner vers d'autres curiosités dont un couvre-chef écrue qu'elle semble trouver bien plus à son goût tandis que tu te focalise sur le livre, tu parcours ses pages tentant de déchiffrer ces signes qui te sont encore inconnus. Les écrits de l'espèce humaine, un véritable mystère, si tu tu te débrouilles de mieux en mieux avec leur langage, tu arrives à peine à déchiffrer leurs mots. Je demanderai à Valerian de m'apprendre – songes-tu alors tes yeux ambrés contemplent avec admiration les délicieuses arabesques des lettres. Tu crois y deviner le mot « mer » ainsi que « vagues » à certaines pages, mais rien n'est moins sur.

Après l'avoir feuilleté durant quelques minutes tu le reposes sur son étagère et interpelle le vieillard au comptoir  « De quoi cela parle-t-il ? » Le questionnes-tu avec avidité, si impatiente d'en apprendre plus, d'en connaître plus. Il reste un moment pantois sans que tu ne saisisses pourquoi, il t’arrive d'oublier que la moindre de tes paroles charme tes interlocuteurs, ensorcellement involontaire qui provoque passion et ivresse chez eux. Il reprend ses esprits et commence à te conter l'histoire de pirates et d'île aux trésors mais par-dessus un récit poétique qui dépeint ton tendre océan. Tu bois ses paroles excitée mais animée d'un sentiment de regret palpable tant tu aimerais pouvoir lire cette merveilleuse histoire tout en sachant que cela te reste inaccessible. Contrairement à ce que tu ressens pour le reste des foules tu n'as aucune antimonié envers le propriétaire de cette boutique, tu ne décèles chez lui aucune menace, tu en viens même à éprouver une étrange sympathie à son égard. Aenor interrompt, à ta grande déception, votre discussion pour t'annoncer qu'il est temps de rentrer. Déjà ? Le temps à filé si vite. Trop vite. Tu aurais voulu en savoir plus sur ce pirate et son navire ! Il faudra que tu reviennes pour que le vieil homme te raconte la suite, bien sur, tu te gardes bien d'annoncer ton projet à ton amie qui te sermonnerait aussitôt sur les dangers que tu risques à t'aventurer toute seule à Whitepearl. Tu n'y peux rien, tes désirs priment sans arrêt sur ton bon-sens, ce pourquoi tu t'attire toujours des problèmes. D'un autre côté tu te réjouies bien d'avoir un tel culot, tu es bien trop jeune pour mourir d'ennui.

 « De quoi est-ce que tu discutais avec le vieil homme ? » Te sortant de nouveau de tes pensées tandis que vous quittez la ville pour rejoindre le port, Vaehina t'interroge  « Du livre ! Il me racontait l'histoire... ça parle d'aventures, de découvertes, de pirates ! » A ce dernier mot la jolie rousse fronce les sourcils  « De pirates ? Comme celui qui t'a brûlé une mèche de cheveu ! » S'esclaffe-t-elle toute moqueuse, aussitôt un air boudeur prend place sur ton visage, tu l'incendies des yeux tout en repensant à cet homme et sa bête immonde, rien y fait, à chaque fois tu bouillonnes de colère, pour sur que tu as la rancune tenace, tu t'es promise que si un jour il recroisait ta route, il finirait au fond des abysses !   « Non. Pas du tout. » Répliques-tu sur un ton un peu plus sec qu'à l'accoutumé  « Je pensais plutôt à... » Ta voix reste en suspend, soudain il se rappelle à tes pensées, un homme de ton passé que tu as gardé dans un coin de ta tête, tu l'as noyé sous les vagues de ta mémoire mais il resurgit par moment, remontant à la surface alors que préférerais l'oublier, du moins, c'est ce dont tu te persuades. C'était un pirate lui aussi.. mais il avait un noble cœur, du moins, il en fit preuve avec toi. Tu te demanderas sans doute toute ta vie pourquoi il décida de te relâcher ce jour-là. Était-ce une simple lubie ? Une véritable clémence ? Ou quelque chose de plus profond encore ? Tu ne le sauras jamais.  « Ça parle aussi de l'océan ! » Préférant détourner la conversation tu changes subtilement de sujet  « De l'océan ? » Se met-elle à rallier  « Et que connaissent les Hommes à l'océan ? Ils pourraient y passer leur vie qu'ils n'arriveraient ni à le comprendre, ni à le décrire. » Sur ce point elle n'a pas tort, tu te contente d'acquiescer en joignant ton rire cristallin au sien. L'humanité ne connaît rien de la beauté du grand bleu, ils n'en ont pas vu un dixième, les marins ont beau se croire grand navigateur, hommes libérés voguant au grès de leurs envies, toi tu sais que ce n'est qu'illusion. Les mots sont impuissants à raconter de telles merveilles ! Quand le pinceau lui-même est inhabile à rendre les effets particuliers à l’élément liquide, comment la plume saurait-elle les reproduire ? Et comme pour te donner raison vous arrivez enfin à votre chère mer azurée, brillant de tout ses reflets sous les étoiles. Tu restes là un instant, silencieuse à contempler cette merveille inégalable, cette immensité qui est ta demeure. Tu respires l'air marin toujours aussi émue devant un tel spectacle. La lune passe alors au méridien. Au milieu de cette paisible nature, le ciel et l'océan rivalisent de tranquillité, et la mer offre à l'astre des nuits le plus beau miroir qui eût jamais reflété son image. Comment pourrais-tu un jour être impassible devant le géant bleuté ? Te délaissant des bouts de tissu emprisonnant ton corps, vêtements étouffants que tu ne supportes plus, tu t'apprêtes à rejoindre Vae et Aenor quand une voix arrête ton entreprise. Cherchant sa provenance tu te détournes de ton objectif et tes yeux tombent alors dans les siens.

Tu sens ton cœur s'accélérer, ton souffle se couper, tu restes immobile, statique, muette et complètement stupéfaite. Tu en viens à te demander si tu rêves ou si tout ceci est bien réel. Tu songeais à lui quelques instants plus tôt et le voilà qui apparaît. Sept ans après votre dernière rencontre. Sept longues années et il se tient devant toi, il a quelque peu vieillit, ses cheveux ont poussé, sa barbe aussi mais il reste le même, son regard aussi brillant que ton océan. Tu n'avais même pas remarqué que vous étiez suivies. Il cri ton nom, du haut de son rocher, tu ne sais toujours pas comment réagir face à cette brutale réapparition dans ton existence. Il était sensé rester un souvenir. Rien de plus. Mais le mirage se met à se mouvoir, il avance et se rapproche, très lentement, comme un chasseur qui aurait peur d'effrayer sa proie. Tu as été sa proie il y a bien longtemps, et peut-être autre chose ? Quelque chose d'indéfinissable, qui n'appartient qu'à vous. Il te rappelle son identité, impossible de l'avoir oublié. Raidan. Il se rapproche dangereusement et la panique s'empare de ton être, méfiante, sur tes gardes, tu ne décroches pas un mot mais tes yeux eux, flirtent avec les vagues. Tu baisses ton regard vers les remous, puis le relève avec prudence vers lui, et alors tu sens qu'il a compris. Il a saisi que tu veux t'échapper, que tu vas t'échapper. Lui glisser entre les doigts comme l'eau se faufile pour mieux se libérer. Il est sur le point d'ouvrir de nouveau la bouche, sûrement pour quelques paroles rassurantes, tenter de te convaincre de ne pas fuir mais tu ne lui laisses pas le temps de s'avancer pour t'attraper que déjà tu plonges avec grâce dans les eaux agitées par le vent, tu disparais sous ses yeux, tes longues jambes se transformant en une nageoire aux écailles d'or. Tu files à toute vitesse t'éloignant du rivage. Tu nages à toute allure. Tu nages. Tu fuis. Tu fuis.

Soudain tu t'arrêtes, tu réalises, tu comprends que ton bon-sens est encore sur le point de céder face à tes désirs, tu rends les armes en petite sirène intrépide et inconsciente que tu es, revenant sur ton chemin tu nages jusqu'à la côte, émergeant seulement ta tête de l'eau pour le moment, tu restes à une distance raisonnable constatant qu'il n'est pas parti. Il est là. Dépité assit sur son rocher, puisqu'il a dû une fois de trop observer sa sirène regagner la mer sans un regard en arrière. Cette fois tu es plus âgée, plus expérimentée, moins craintive peut-être, plus curieuse sûrement. Tu as décidé de retourner le voir, nourrie de cet nouvel espoir.  « Mais que voilà un pirate bien triste ! » L'interpelles-tu pour attirer son attention  « Pourquoi cette mine si sombre ? Tu as perdu quelque chose ? » En quelques brasses tu te rapproches de lui, assez près pour qu'il puisse avoir la sensation que tu lui es accessible, mais pas trop, pour le quitter à tout moment si tu jugeais cela nécessaire. Tu te mets alors à le détailler avec intérêt, comme pour vérifier qu'il n'es ni un imposteur, ni une chimère sortie tout droit de ton imagination.  « Oui... C'est toi. » Sourire espiègle aux lèvres, tu chuchotes, réponse énigmatique à ses dernière paroles.


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Ven 31 Juil - 19:54
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Through the ages,

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Elle est là. Elle est bel et bien là devant moi et quand ses yeux croisent enfin les miens, il y a tout à coup comme un poids qui libère mes épaules, un poids dont je ne m’étais en fait pas rendu compte jusque-là et cette légèreté nouvelle m’est très agréable. Cette sensation agréable se mue cependant doucement autre chose, une chose bien moins agréable : la peur. La peur parce qu’elle ne dit et parce que ses regards je les vois bien. Je vois qu’elle observe les vagues et qu’elle m’observe moi. Je vois sa stupéfaction mais sa méfiance surtout. Je vois qu’elle n’a pas confiance en moi et je sais, je sais qu’elle pense à s’enfuir sans même m’accorder le moindre mot. Non. Elle ne peut pas. Il ne faut pas. Pas maintenant, pas après tout ce temps à la chercher, pas alors qu’elle est si près que je pourrais presque la toucher si je m’avançais encore un peu. Ce « non », mon corps entier le crie, mon regard le hurle. Non Tallulah, ne pars pas. Silencieusement d’abord de la supplie du regard, je secoue presque imperceptiblement le visage puis, je me décide à tenter de la convaincre de ne pas fuir par la parole : si je trouve les bons mots, il est possible qu’elle renonce à l’idée de s’en aller. Ma bouche s’ouvre, je fais un nouveau pas en avant mais je n’ai pas le temps de prononcer le moindre ni la moindre syllabe qu’elle disparaît au creux de la mer. Ma bouche reste entrouverte, mes mots sont bloqués dans ma gorge et mes mains s’abaissent mollement tandis qu’un sentiment violent m’étreint : la tristesse. Une véritable et profonde tristesse. Elle est partie. Elle ne m’a même pas laissé le temps de lui parler. Elle est partie. Elle m’a laissé. Je le vis comme un abandon alors qu’il ne s’agit peut-être pas de cela, peut-être même qu’elle ne se souvient pas de moi et que c’est pour cela qu’elle a pris la fuite mais la façon dont elle m’a regardé… Elle s’est souvenue, j’en suis convaincu, c’est pour cela que je vis sa fuite avec tant de douleur.

Douleur terrible.

Je m’approche du bord de l’eau, me penche, frôle l’écume des vagues du bout de mes doigts. J’observe les vagues, j’observe l’étendue bleue et je retourne finalement m’asseoir sur le rocher le plus proche. Plus les secondes passent, plus j’ai mal. Les larmes m’en montent aux yeux et je réalise soudain ce qu’a été Tallulah pour moi elle a été la première femme, enfin sirène, pour laquelle j’ai ressenti un sentiment amoureux. Je ne l’avais en fait jamais réalisé jusque-là mais maintenant que je l’ai vue et surtout qu’elle est partie, je prends pleinement conscience que ce sont mes sentiments qui, à l’époque, m’ont poussé à la laisser partir. Je l’aimais assez à ce moment-là pour accepter la séparation. Et aujourd’hui… Aujourd’hui, comme il y a sept ans,  mon cœur appartient à une femme à laquelle je ne devrais même pas penser et Tallulah appartient au passé, voilà tout. Je me dois de l’accepter, d’accepter sa décision et de la respecter. Le pardon n’est pas une chaise aisée à obtenir et je n’obtiendrai jamais le sien. Cela amplifie grandement ma tristesse. J’aurais voulu… J’aurais voulu pouvoir lui parler, j’aurais voulu pouvoir le dire à quel point je suis désolé de ce qu’elle a pu subir par ma faute car, lorsque je l’ai libérée, elle a filé tellement vite que je n’ai pas eu le temps de lui présenter de sincères excuses ni même de lui avouer qu’elle représentait alors beaucoup pour moi. J’imagine qu’il doit en être ainsi. Cela ne rend ceci dit pas la situation moins douloureuse. C’était une erreur de vouloir la retrouver. Une terrible erreur car, finalement, cela m’aura apporté plus de mal que de bien. Mon regard se perd finalement dans le vide, cessant d’observer la mer et c’est là que j’entends sa voix.

Sa voix.

Je glisse aussitôt mon attention vers l’endroit d’où est venue la voix et je la vois, la tête hors de l’eau. La tristesse disparaît doucement et la commissure de mes lèvres frémit et un petit sourire vient les étirer. Ce petit sourire s’élargit quand elle me demande pourquoi ai-je une mine si sombre et si j’ai perdu quelque chose. Je l’observe, la désigne très brièvement d’un signe du menton. Puis un mot est murmuré.

« « Toi. » je souffle, doutant qu’elle puisse m’entendre mais peut-être aura-t-elle simplement lu sur mes lèvres.

Je suis soulagé, heureux, davantage encore quand elle s’approche de moi. J’ai l’impression que je pourrais presque la toucher alors que de nombreux pas nous séparent mais le fait qu’elle réduise cette distance entre nous m’apporte beaucoup de bien. Nous nous observons en silence et, maintenant que j’ai le loisir de la voir de plus près, je me rends réellement compte à quel point ses traits se sont affinés et à quel point elle s’est transformée en une créature encore plus magnifique que celle que j’avais capturée. Elle était déjà belle à l’époque mais elle a maintenant ce quelque chose en plus : bon nombres de marins doivent succomber à ses charmes. Je me demande si j’ai été le premier à le faire… Son « Oui… C’est toi. » accompagné d’un sourire espiègle termine d’élargir mon sourire.

« Et c’est bien toi. » je réponds en écho à ses propres paroles.

Bien sûr que c’est elle. J’hésite un instant puis, me laisse glisser de mon rocher pour finalement m’asseoir sur le sable. Je ne m’approche pas davantage : je préfère lui laisser le loisir de s’approcher si elle-même en a envie. Je ne tiens pas à ce qu’elle reprenne la fuite car, après tout, elle n’est pas censée savoir que j’ai dit adieu à la vie de piraterie, elle n’est pas censée savoir que je ne lui veux aucun mal. Même si je l’ai libérée, je l’ai d’abord capturée, mieux vaut donc que je ne tente aucune approche. Pas maintenant en tout cas. Peut-être plus tard.

« Cela fait un moment que je te cherche, que j’espère te revoir. » je termine par lui avouer sans quitter son regard. « Cela fait si longtemps… » j’ajoute un brin mélancolique.

Il est vrai que sept longues années ont passé et si tant de choses ont changé pour moi, j’imagine qu’il doit en être de même pour elle et je me demande à quoi peut bien ressembler sa vie aujourd’hui. Une chose est sûre : elle ne craint plus autant le monde des hommes puisqu’elle s’y aventure, accompagnée certes, mais elle s’y aventure. Je repense à son escapade et un nouveau sourire vient étirer mes lèvres.

« « Mon monde semble bien moins t’effrayer qu’auparavant. Te serais-tu habituée à notre présence ? Ne crains-tu pas d’être découverte ? »

Et sur les derniers mots, mon sourire s’efface car cette question m’emmène à penser à ce qu’il adviendrait d’elle si elle était découverte et il ne fait aucun doute qu’ils seraient nombreux à vouloir lui faire subir ce que je lui ai moi-même fait subir il y a déjà bien longtemps. De nouveau, la culpabilité vient serrer mon regard et c’est honteux que je détourne mon regard d’elle, m’intéressant tout à coup au sable se trouvant sous mes doigts. Je pourrais lui présenter mes excuses mais j’ai peur de ne pas trouver les bons mots et pire, j’ai peur qu’elle n’en veuille pas. Alors je deviens muet, préférant la laisser répondre à mes questions tout en me battant avec mes sentiments qui s’entrechoquent à presque m’en donner le vertige.

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