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And if I bleed, I bleed knowing you don't care {Väna}

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Dim 26 Juil - 23:28
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THE MIND IS EVERYTHING.
THE MIND IS EVERYTHING.
ARRIVÉE DANS LE SUD : 26/07/2015
PARCHEMINS : 9
POUSSIÈRE DE FEE : 0
RESIDENCE : A ce jour, Raidan a élu domicile au sein de Bramblesland. C'est un endroit qui lui convient puisqu'il a réussi à s'y faire une place. Sa contrée d'origine ne lui manque absolument pas puisqu'il l'a quittée alors qu'il était relativement jeune.
FONCTION : Il est conseiller politique, voix du peuple auprès des plus grands mais également sa propre voix. C'est à force de travail mais aussi et surtout de jeu et de manipulation qu'il a réussi à en être là où il en est.
HUMEUR : Il est d'une humeur plutôt instable depuis quelques temps, plus qu'à l'ordinaire disons et il maudit tant qu'il désire la cause de cette humeur instable.
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And if I bleed,

I bleed knowing you don't care







L'encre remplit peu à peu le parchemin, la pointe de la plume glisse ça et là, les lignes s'ajoutent et la lettre est vite terminée. Je la glisse auprès de l'autre lettre et observe les deux comparses un long moment avant de soupirer. L'une sera envoyée, l'autre va rejoindre ses sœurs qui sont liés par une corde et bien cachées. Des lettres jamais envoyées et les compter prendrait trop de temps tellement il y en a. J'aurais pu les envoyer, et ce à bien des reprises mais je n'ai jamais pu m'y résoudre. Ma sœur aînée est persuadée que je n'ai jamais écrit aucun mot à son égard et je souhaite qu'il en soit toujours ainsi. Je ne me suis jamais réellement demandé pourquoi car je n'ai nullement besoin de me poser la question : je sais ce qui me pousse à garder mes distances, à prétendre que je ne m'inquiète pas d'elle, que je ne pense pas à elle : ma fierté. C'est cette même fierté qui m'a poussé à m'en aller. J'avais soif d'aventures et de liberté, c'est vrai, mais je voulais surtout me construire ma propre existence, loin du joug des femmes de ma famille, loin du joug d'Osla. J'aime ma sœur, je l'aime de tout mon cœur, mais moins je le lui montre, mieux cela est. Voilà pourquoi cette énième lettre ne sera jamais envoyée. Voilà pourquoi je préfère garder le silence à son égard. Il est peu probable que je parvienne à changer d'avis. J'entends soudain frapper à ma porte et je mouille rapidement mes doigts avant de les refermer sur la tige de ma bougie afin de l'éteindre. L'obscurité s'empare immédiatement de la pièce et je ne bouge plus. On frappe encore, une voix s'élève et je reste figé : pas le désir de parler, même si c'est bien celui qui est mon meilleur allié, un frère de cœur derrière cette porte. Je sais ce qui l'amène mais nous avons eu cette conversation à plusieurs reprises déjà, je ne tiens pas à en reparler ce soir. J'attends, immobile, qu'il décide de s'éloigner et lorsque ses pas se mettent à résonner dans le couloir, je laisse échapper un soupir avant de me redresser.

J'aimerais qu'il se sorte cette idée de me trouver une femme de la tête. Selon lui, il est temps que je me décide, que je me trouve une épouse, une mère pour mes enfants. Cependant, je n'y tiens véritablement pas. Bien sûr, la réelle raison qui me pousse à refuser, je la lui cache, même à lui oui, pour l'instant en tout cas. Le fait est qu'une femme occupe mes pensées et cela ne m'était jamais arrivé auparavant alors, m'engager avec une autre dès à présent... Je n'aurai jamais celle qui occupe mes pensées, elle ne peut être mienne et elle ne le veut certainement pas. En fait, je la veux sans la vouloir, c'est tellement compliqué... Elle me rend fou, littéralement fou. Un nouveau soupir et je décide de quitter ma chambre : besoin de me dégourdir les jambes et peut-être de me changer les idées dans les bras d'une femme de chambre ou d'une cuisinière si j'en croise une. Ce ne serait pas la première fois. Il est tard, très tard, et le château est sombre mais il n'est pas rare que je m'y promène la nuit : j'aime l'étrangeté du lieu et je me sens tellement privilégié d'avoir depuis quelques semaines le droit de séjourner dans une des chambres... Ce sont mes efforts qui ont payé, et ils ont bien payé. Je suis au cœur de la royauté et c'est tout ce que je souhaitais : être au plus près des suzerains. Une silhouette au loin et je suis sorti de mes pensées. Je me fige, jette un coup d’œil et me cache derrière un mur après avoir aperçu une longue chevelure d'un blond argenté que je ne connais que trop bien. Que vient-elle faire dans les couloirs à cette heure-ci ? N'a-t-elle pas un époux à combler ? Peut-être celui-ci est-il aller trouver ce qu'il cherchait dans les bras d'une de ses nombreuses maîtresses. Et elle, qui laisse faire... Rien que d'y penser j'enrage : j'enrage après lui que pourtant je soutiens et à qui j'ai prêté allégeance, j'enrage après elle qui pourrait faire plus mais qui choisis de ne rien faire.

Et voilà que je marche à sa suite. Je ferais mieux de tourner les talons et m'en retourner jusqu'à ma chambre ou alors aller me promener à l'opposé de là où elle se trouve mais non, je la suis. Discrètement, mais je la suis. Ce n'est que quand elle s'arrête pour s'asseoir sur un banc en pierre que je m'arrête à mon tour. Dans l'ombre d'une large colonne de pierre, je l'observe : ses épaules sont baissées, je l'entends soupirer. Pleure-t-elle ? Je ne le crois pas car si elle accepte trop, elle n'est pas moins forte et c'est d'ailleurs cela qui me met hors de moi : elle pourrait s'imposer mais choisit de ne pas le faire. Quel gâchis... J'aimerais la plaindre, j'aimerais en être capable mais ce n'est pas le cas : je voudrais qu'elle s'éveille et qu'elle montre ce dont elle est capable. Au lieu de ça, c'est à moi qu'elle réserve son agressivité et son mépris, tout ça pour un malheureux baiser... Et, puisqu'elle me le fait payer, je le lui fais payer également. Voilà que je sors de ma cachette, je m'avance à pas feutrés et c'est de derrière elle que ma voix s'élève tandis que je croise les bras tout en m'appuyant contre la colonne de pierre la plus proche de Väna.

« Eh bien, eh bien, eh bien. » je dis tout bas, juste assez fort pour qu'elle m'entende mais pas trop pour ne pas rameuter qui que ce soit d'autre auprès de nous. « On dirait que ma Reine est incapable de trouver le sommeil. Serait-ce parce qu'il vous a, une fois de plus, abandonnée ? »

Un sourire sombre étire mes lèvres. Je sais que les mots employés vont l'exaspérer et c'est le but : l'appeler « ma Reine », mentionner le fait que son époux soit probablement aller perdre l'esprit entre les cuisses d'une autre femme... Tout est fait pour lui faire mal, comme elle me fait mal. C'est un jeu bien triste mais c'est le seul auquel  nous pouvons jouer.



© charney

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Lun 27 Juil - 20:48
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Only one God, his name is Death. Only one thing we say to Death : “Not today”.
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ARRIVÉE DANS LE SUD : 12/07/2015
PARCHEMINS : 6
POUSSIÈRE DE FEE : 0
RESIDENCE : Bramblesland, contrainte d'une vie renfermée, exilée de son pays natal, Väna supporte sa nouvelle demeure plus qu'elle ne la porte dans son propre coeur.
FONCTION : On la nomme Reine, pour elle, elle ne ressemble qu'à un pion avec lequel on joue. Elle voudrait pourtant faire entendre sa voix. Reine du grand Royaume de Bramlesland.
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And if I bleed, I bleed knowing you don't care

 
Il y a des personnes qui se sentent indignes d’être aimées. Elles ne prennent pas leur place et se font toutes petites, en essayant de n’ouvrir aucune brèche au passé.
 

Elle essuya une larme, puis la seconde qui coulait déjà surs ses joues porcelaines. Väna renifla avant de fermer la fenêtre. L’air était tellement brûlant, tellement suffoquant à Bramlesland. Elle n’arrivait plus à reprendre son souffle, elle ne supportait plus de sentir les ailes des Dragons au dessus d’elle, attendant le même propice pour qu’elle soit réduite en cendre. Elle se savait en danger. Et cela depuis bien des années. Elle vivait à l’intérieur même du château de ses ennemis. Elle tourna son regard vers son lit, à nouveau vide. La reine, si petit et juvénile qu’elle était, n’était pour le moins pas stupide. Elle savait pertinemment où se trouvait son mari. Dans les bras d’une autre, une plus belle, une moins frêle. Dont la peau se retrouverait brûlante rien que quand sa bouche la toucherait. Alors que malgré toute la chaleur de la contrée, la peau de Väna restait anormalement froide. Anormalement blanche comme neige. Et son cœur, le temps à par le temps, se gelait sous les moqueries, les salissures qu’elle pouvait recevoir au visage.

Elle se leva de son fauteuil avant de s’assoir sur son lit. Elle était enfermée dans une cage dorée. Combien enviait sa place ? Combien croyait en ses beaux sourires et ses yeux rieurs ? Trop. Elle aurait aimé pouvoir hurler de rage, de colère, de tristesse. Pouvoir, un instant, exploser, se libérer et déchainer tous ses sentiments contradictoires qu’elle enfermait dans son cœur. Elle passa une main sur la couverture de soie, qui se lissa sous ses mains. Elle n’avait nullement envie de partager sa couche avec son mari. En vérité, elle ne savait pas si pour elle, pour sa fierté de femme, pour son corps, il n’était pas mieux qu’il desserve sa haine et son feu sur une autre femme. Sa brutalité avait déjà marqué le cœur de la Duchesse. Elle se sentait si peu à l’aise lorsqu’ils se retrouvaient ensembles. Qu’ils devaient faire leurs devoirs d’époux et offrir à Bramlesland, la descendance tant attendue. Elle savait pourtant que pour que ses enfants rejoignent les rangs des rois, ils devaient porter en eux, le feu de Maléfique. Et qu’ils ne seraient que des hybrides glacés par le feu ou brûler par la glace. Rien de bon ne ressortirait. Elle renifla une nouvelle fois en sentant une perle couler sur sa joue. Väna se mordit la lèvre. Elle connaissait son rôle de femme. Elle l’avait toujours connue. Et Aeddan avait bien le droit de rejoindre d’autres couches. Mais elle, non. Du moins, pas si cela s’apprenait. Et elle n’avait jamais trahi son époux. Elle restait fidèle et attachée à ses barreaux, l’attendant sans envie, alors qu’il s’aventurait dans d’autres lits. Elle le détestait, elle les haïssait tous.

Elle prit la fuite de sa chambre en cherchant de l’air frais, un air nouveau. Elle évita soigneusement d’accélérer le pas, ne voulant pas attirer les regards indiscret sur elle, pourtant elle avait envie de courir, de s’enfuir, de partir loin d’ici. Elle pourrait courir des heures et des heures encore si à l’aube, elle se trouvait dans un nouveau pays. Dans une nouvelle vie. Mais son rêve s’arrêta alors qu’elle tombait lourdement sur un banc. Elle entoura ses bras autour de ses jambes et se referma ainsi, laissant les minutes couler sur son corps frêle. Elle aurait pu rester ainsi, sans que personne ne fasse attention à elle. Mais lorsqu’elle entendit sa voix, elle releva les yeux, furieuse. Elle le remarqua son regard pétillant. Il s’en amusait, encore et toujours de la voir souffrir, périr. Elle savait pertinemment qu’il savourait doucement sa victoire, en choisissant chacun de ses mots, chacun de ses pics, de la douleur qu’il lui infligerait. Elle avala difficilement sa salive lorsqu’il ajouta chaque mot, chaque attaque contre sa propre fierté et celle de son mariage. Elle ne baissa pas les yeux pour autant. Elle avait regretté d’avoir posséder ses lèvres. Mais elle avait apprécié ce mélange, douloureux, mais plaisant. Elle avait, pendant quelques secondes, espérer, que Raidan serait un jour, une issue de secours. Qu’elle pourrait fuir à ses cotés. Mais elle s’était vite réveillée, préférant fuir ses rêves. Préférant le fuir, c’était tellement plus simple. « Je suis tellement surprise que vous n’avez pas pris son exemple. D’ordinaire, il est tellement rare de devoir supporter votre compagnie la nuit. » Elle savait très bien que Raidan n’était pas innocent. Il pouvait dire de son époux, mais il faisait pareil. A la différence, qu’il n’était ni marié, ni engagé. Enfin, Väna avait entendu des rumeurs. Des chuchotements. Des murmures qui lui faisaient dire que sous peu, il serait à son tour, enfermé dans un mariage. « Suis-je bête, vous prenez une nuit de congé pour choisir votre préférée ? Il est vrai que c’est plus intéressant d’être marié à une femme stupide et insupportable, du moment qu’elle vous apporte tout le bien nécessaire la nuit venue ? » Elle s’était levée, mais son ton n’avait pas augmenté. Elle ne savait pas qui pouvait se trouver près d’eux et elle ne voulait pas être attendue. Cependant elle n’osait pas s’approcher. Elle craignait trop sa présence. « Et sachez que je ne le prend plus comme un abandon. C’est une habitude au fil des jours. » Bien sûr qu’elle se retrouvait blessée et meurtrie, mais elle ne pouvait pas le lui montrer. Un masque de glace s’accrochait doucement à ses traits doux, devenant soudain, beaucoup plus ferme et dur.

 
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Mar 28 Juil - 18:12
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RESIDENCE : A ce jour, Raidan a élu domicile au sein de Bramblesland. C'est un endroit qui lui convient puisqu'il a réussi à s'y faire une place. Sa contrée d'origine ne lui manque absolument pas puisqu'il l'a quittée alors qu'il était relativement jeune.
FONCTION : Il est conseiller politique, voix du peuple auprès des plus grands mais également sa propre voix. C'est à force de travail mais aussi et surtout de jeu et de manipulation qu'il a réussi à en être là où il en est.
HUMEUR : Il est d'une humeur plutôt instable depuis quelques temps, plus qu'à l'ordinaire disons et il maudit tant qu'il désire la cause de cette humeur instable.
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And if I bleed,

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Elle est là. Juste là. Je l'observe avec mon sourire mauvais aux lèvres, j'attends patiemment que mes mots atteignent son cœur pour accomplir leurs méfaits néfastes et toxiques. Dire que je ne prends aucun plaisir à lui faire du mal serait un mensonge : je me complais dans ce que je lui inspire, je me complais de ce que je fais naître dans le plus profond de son cœur mais si j'agis de la sorte, c'est uniquement de sa faute, à elle. Il aurait suffi qu'elle me fasse une petite place et peut-être aurions-nous pu... Je ne saurais dire ce que nous aurions pu être mais nous aurions pu être autre chose que deux personnes qui se haïssent, se font du mal et se déchirent. Elle en a cependant décidé autrement et loin de moins l'idée de m'imposer à elle, pas pour ça en tout cas. Elle veut faire mal alors je fais mal également, c'est aussi simple que cela. D'ailleurs, mes mots l'atteignent enfin, la blessent enfin et dès que je croise ses yeux, je perçois la petite pointe de froideur en train de naître : parfait, nous sommes sur la bonne voie. Ce n'est rien de le dire. Voilà qu'elle attaque à son tour et j'accueille sans aucune réaction ses mots, restant totalement impassible. Au départ en tout cas, quand elle fait mention du fait qu'il est rare de devoir supporte ma compagnie la nuit. Contrairement à ce qu'elle pense, il n'est pas rare pour moi de me balader la nuit dans les couloirs du château, le Destin a simplement fait en sorte que l'on ne se croise jamais. Quant à son sous-entendu... Finalement, cela ne reste pas bien longtemps un sous-entendu puisqu'elle se met soudain à parler de mon éventuel mariage. Allons-bon, cette idée est déjà parvenue jusqu'à ses oreilles ? Alors, mon sourire disparaît doucement mais sûrement tandis que les mots de Väna franchissent ses lèvres. Je termine par froncer les sourcils tout en crispant la mâchoire, levant le menton pour la toiser de haut. Ses mots... En cet instant, j'aimerais lui arracher la langue en fait. Elle parle de ce qu'elle ne connaît pas, de ce qu'elle ne saisit pas : moi, elle ne me saisit pas. Voilà qu'elle se lève et je ne bouge pas, continuant simplement à la toiser avec un regard pour le moins assassin. Mais très vite, s'ajoute un autre sentiment à la colère qu'elle a éveillée en moi en me parlant ainsi de ce sujet épineux : s'ajoute la déception.

Elle me déçoit, une fois de plus.

Je soupire après qu'elle m'ait dit, sans gêne aucune qu'elle s'est habituée aux absences de son époux. Comment peut-on s'habituer à cela ? Je ne parviens pas à comprendre. Elle, je ne parviens pas à la comprendre. Elle qui a tant de pouvoir, elle s'écrase comme une vulgaire fourmi s'écraserait devant une sauterelle. Elle s'abaisse comme un vulgaire esclave le ferait devant un maître. Est-elle fourmi ou esclave ? Non, elle est reine bon sang, reine !

« C'est bien tout le problème. » je termine par dire d'une voix glaciale en plongeant mon regard colérique dans le sien. « Vous vous êtes habituée... Comment pouvez-vous parler ainsi ? »

Si elle a gardé de la distance entre nous, c'est moi qui m'approche d'elle, la surplombant bientôt de ma hauteur sans détourner mon regard du sien.

« Vous êtes sa femme, la Reine, et il devrait vous traiter comme telle. » je lui dis les dents serrées. « Je sais que ces pratiques sont monnaie courante mais tous ne sont pas ainsi. Il est possible d'être marié et d'être fidèle. Tous les hommes ne sont pas comme lui. » j'ajoute finalement.

Puis je me tais. J'hésite. Dois-je aller jusqu'au bout de ma pensée ? Dois-je à ce point-là me montrer franc avec elle ? J'ignore si je le dois ou même si je le peux et pourtant, voilà que les mots sortent sans que je ne puisse rien faire pour les contrôler.

« Si j'avais une femme, je n'irais pas voir ailleurs, pas pour du sexe... Pas alors qu'on a scellé une union... Oui, je cours les lits des femmes mais je ne suis promis à personne, je ne fais de mal à personne. Vous me jugez sans me connaître, Majesté. » Un silence. « Mais par amour... » Je fais un pas supplémentaire. « Une union arrangée ne pourrait pas faire le poids face à un amour sincère mais je doute que le Roi soit amoureux et vous... Bon sang, vous, vous laissez faire. Quand allez-vous montrer qui vous êtes ? Pourquoi ne pas faire preuve d'autant de force face à lui que vous pouvez le faire face à moi ? La glace aurait-elle peur du feu ? »

J'aimerais comprendre. Vraiment comprendre et il n'y a qu'elle pour m'éclairer. Elle seule. Mais peut-être ne souhaite-t-elle pas m'éclaire, peut-être ne souhaite-t-elle pas je la comprenne. Peut-être se complaît-elle, elle aussi, dans ce qu'est notre relation, tout comme moi.

Quel gâchis...





© charney

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Mer 29 Juil - 21:27
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Only one God, his name is Death. Only one thing we say to Death : “Not today”.
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Elle ne peut s’empêcher de se relever pour se donner de l’importance. Elle a de la force, elle possède de la rage, mais elle préfère simplement la garder pour elle. Cela donnerait bien trop de plaisir à des personnes comme Raidan de la voir exploser. Bien sûr, il ne la comprendrait jamais. Il avait la chance d’être apprécié, d’être aimé par les dirigeants ou du moins respecté parce qu’il savait offrir de bons conseils et prêter une oreille attentive aux demandes du peuple. Väna n’avait pas son mot à dire. Elle n’avait pas la chance d’être l’ambassadrice du royaume, elle ne pouvait pas descendre dans les rues comme elle le souhaitait. Elle restait prisonnière sans chercher à se débattre, parce que, dans l’ombre déjà, grandissait son pouvoir et son courage. Tout avait commencé dès son arrivée au château, surveillant ses arrières, elle avait réussi à trouver des alliées, des espions et peu à peu, elle construisait sa propre rébellion. Son propre royaume. Elle n’en parlait à personnes, jamais elle n’aurait osé entendre les rumeurs sur ce qu’elle préparait. Raidan la jugeait sans jamais essayer de la connaitre. De se mettre un instant à sa place.

Elle failli reculer lorsque ses yeux percèrent les siens et qu’il s’approcha d’elle.  Mais elle réussi à tenir le coup et à se battre pour lui prouver qu’elle n’était pas qu’une femme impuissante. Elle était présente, et non pas effacée. Elle jouait un parfait rôle, préparant son heure. Attendre dans l’ombre du feu pour que la glace l’emprisonne. « Vous ne savez rien. » Elle n’avait pas haussé le son de sa voix, mais elle lui avait parlé sèchement, bien plus qu’elle ne l’aurait voulu. Il ne pouvait pas la comprendre et malgré tout ce qu’elle pouvait éprouver à son égard, et la confiance absolue qu’elle aurait aimé lui porter, elle préférait se taire. Il était loin d’être son allié. Il s’agissait d’un conseiller politique d’Aeddan. Et qui, par-dessus tout, souhaitait du pouvoir encore et toujours du pouvoir. Quelle bonne idée de faire passer la reine pour une traitresse pour ensuite avoir l’estime d’un roi.

Elle l’écouta, de nouveau, la rabaisser sans ciller. Bien sûr qu’elle connaissait ses mots par cœur, même si, lorsqu’il s’agissait de lui, cela avait une bien autre consonance. Elle aurait aimé croire en ses belles paroles, à sa franchise, aux espoirs qu’il lui apportait. Un instant même, elle aurait pu les prendre pour elle, et espérer qu’un jour, il lui dirait ses mots doux et qu’ils pourraient s’imaginer un futur. Mais la chute fut grande dans les yeux de Väna. Une lueur bleutée passa dans ses yeux violets, et sa main glacée finit par venir percuter la joue rougeâtre du jeune homme. Elle ne le laisserait pas bafouer le sang de ses ancêtres. Il tentait de toucher à ce qu’il ne connaissait pas, ce qu’il ne devait pas connaitre et Väna tentait de le protéger. Du mieux qu’elle le pouvait, mais il ne lui rendait pas la tâche facile. « Arrêtez de me toiser de votre regard comme si je ne faisais que de marcher tout au long de ma journée, attends le moment pour me faire engrosser puis reprendre ma marche. Contrairement à vous, je sais réfléchir et tirer des avantages des situations, même les plus  douloureuses. Qu’il reste avec ses pétasses, je peux m’occuper de mes propres activités. Les femmes sont sa distraction, et j’ai besoin qu’il soit distrait alors, laissez le faire. C’est tout à votre honneur si vous ne voulez pas suivre ses pas, mais ne me dictez pas ma conduite. Je ne suis pas une poupée de chiffon sur laquelle on peut tirer et la réduire à néant. Vous pourrez tenter tant que vous le voulez de me rabattre les conduites de mon mari, je n’ai pas besoin de vous pour me sermonner. Je sais ce que j’ai à faire. » Elle reprit son souffle, sentant le rouge lui monter aux joues et sa glace, lui picoter les mains. La colère et le danger la mettait en situation de défense, de protection, et elle n’hésiterait pas à utiliser son pouvoir pour se protéger de lui. « Sachez que les habitants du Nord ont une excellente mémoire. Je me souviens parfaitement de chaque acte. Je m’en souviendrais encore plus, au moment voulu. » Elle soupira un long moment avant de desserrer les poings. « J’en ai fini avec vous. Retournez dans vos appartements, Raidan. » Elle détourna les yeux, déjà pleins de larmes, qu’elle effaça bien rapidement de son doux visage. La pression, la peur de l’échec, de la mort, la hantaient à chaque moment de sa vie. Elle n’avait pas besoin qu’il lui ajoute ses sermons.


 
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Jeu 30 Juil - 19:31
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Ce besoin de la comprendre est viscéral. Je n’emploie certes peut-être pas la bonne méthode mais c’est plus fort que moi. J’ai cette envie de comprendre pourquoi elle ne fait rien pour que sa situation s’améliore alors qu’elle en a le pouvoir. Elle possède une telle force en elle que c’en est triste de ne pas la voir en user, tout simplement. Je pourrais tout simplement lui parler comme ça, je pourrais lui dire que je suis triste pour elle, qu’elle mérite mieux mais son regard, ses mots, font que je suis incapable d’autre chose que de l’animosité à son égard en cet instant. Combien de temps encore allons-nous faire subir cela à l’autre ? Combien de temps avant que les choses ne dégénèrent réellement que ce soit en bon ou en mauvais ? Je n’en sais rien mais ce que je sais, c’est que clairement touché un point sensible : je le vois dans son regard qui change au fur et à mesure que les mots sortent de ma bouche. Et, plus je vois son regard changer, plus j’ai envie de la secouer, de faire en sorte que les choses changent parce que la façon dont elle me regarde… Bon sang, c’est tout cette force, toute cette hargne qu’elle devrait imposer à son époux pour lui montrer qu’elle n’est pas que sa femme mais une femme à part entière, une femme unique. Une femme unique oui dans les yeux de laquelle il me semble percevoir une étrange lueur bleutée mais je n’ai guère le temps de me pencher là-dessus que sa main vient frapper ma joue. La gifle est sèche, forte et surtout glacée. Mon visage tourne légèrement sous le choc car on peut dire qu’elle n’y est pas allée de main morte. Je reporte finalement mon regard sur elle et, instinctivement, ma main vient frotter ma joue là où sa main a frappé. C’est étrange, très étrange… La dernière fois que nous avons eu le moindre contact remonte à ce baiser échangé et c’est la première fois qu’elle me gifle. Je pourrais être vexé, blessé mais il n’en est rien : je suis plutôt satisfait d’avoir provoqué une telle réaction chez elle et c’est pour cela que mon regard se met à briller d’une nouvelle lueur mais c’est là un regard qui ne plaît pas à la Reine et elle ne manque pas de me le faire remarquer.

La force en elle s’est éveillée.

Les mots claquent comme un fouet, elle s’exprime, se défend et elle le fait bien. J’accueille chaque mot sans rien répondre, préférant la laisser déverser tout ce qu’elle a besoin de déverser, préférant lui laisser la possibilité de me dire ce qu’elle a sur le cœur, chose qu’elle ne fait apparemment pas avec les autres ou en tout cas pas avec son époux. Dans le fond, même si elle a des mots difficiles et blessants, je ne peux nier apprécier le fait qu’elle soit aussi franche avec moi-même si je voudrais qu’elle le soit davantage au quotidien. Elle parvient même enfin à éveiller une certaine fierté dans mon cœur quand elle me confie ses plans, peut-être sans véritablement le vouloir, mais elle le fait bel et bien. Les distractions de son époux ? Elle compte dessus. Elle a « besoin » qu’il soit distrait. Allons-bon, et pour quelle raison ? Cela elle ne le dit pas et j’imagine qu’elle ne me le dira probablement jamais, sauf si elle termine par me faire confiance, ce dont je doute. Lorsqu’elle poursuit, il me faut me faire violence pour ne pas baisser le regard, soudain légèrement honteux : je n’ai pas à lui dicter sa conduite, c’est vrai, et je ne l’ai pas fait. Enfin, telle n’était pas mon intention, je voulais juste l’éveiller un peu, provoquer chez elle une réaction qui pourrait lui donner l’envie de s’affirmer face à d’autres personnes que moi. Elle dit ne pas avoir besoin de mes sermons et c’est sans doute vrai mais comment pourrais-je le deviner alors qu’elle ne laisse transparaître que de la fragilité quand elle n’est pas face à moi ? Certes, il se dégage toujours d’elle une certaine force, impossible de passer à côté, mais elle est si effacée, sauf en face de moi et c’est bien ce qui me dérange, pourquoi ne le comprend-elle pas ?

Pourquoi ne me comprend-elle pas ?

Puis vient la menace dissimulée ou bien l’allusion dissimulée, je ne sais pas. Menace si les mots sont pour son époux, allusion si les mots sont pour moi. Quand elle dit qu’elle se souviendra de chaque acte le moment voulu, parle-t-elle de ce que son époux lui fait subir et de ce qu’il s’est passé entre nous ? De ce qu’il se passe encore entre nous, peu importe ce que c’est ? Je l’ignore. Elle laisse cela en l’état, ne m’apportant pas de réponse à ce questionnement intérieur. Puis vient son soupir qui me serre le cœur bien malgré moi, et ses poings qu’elle relâche : la colère semble retomber pour elle comme elle est retombée pour moi. Comme nous faisons subir mille et mille sentiments contradictoires à notre cœur… Comme elle me brise le mien quand j’aperçois des larmes dans ses yeux avant qu’elle ne se détourne de moi. Qu’elle vienne de me congédier me passe au-dessus, rien d’autre ne compte que ses larmes que j’ai provoquées et je ne souhaitais pas lui faire du mal. Si, oui, je voulais lui faire mal, je ne peux le nier, mais je le regrette à présent. Je le regrette véritablement et c’est parce que je le regrette que j’agis sans véritablement réfléchir. Je me penche vers elle alors qu’elle vient de me tourner le dos et qu’elle a commencé à s’éloigner, ma main se referme sur son poignet mais je la retire rapidement quand la glace agresse ma peau jusqu’à m’en faire mal. Je ramène ma main jusqu’à moi, la regarde et souffle finalement dessus alors que je vois une très fine couche de glace. La chaleur de mon souffle fait doucement mais sûrement disparaître le peu de glace qui s’est formée durant ce contact très bref, trop bref mais si j’avais laissé ma main plus longtemps… Je ne tiens pas à le savoir en fait, mes articulations sont assez douloureuses comme ça. Je relève mon regard vers Väna et, plutôt que de la toucher une fois encore (ce qu’il vaut mieux que je ne fasse pas), je lui parle.

« Je suis désolé. »

Des excuses ? Des excuses oui et c’est bien la première fois.

« Je ne voulais pas vous blesser. »

Qu’il est vilain ce mensonge mais mieux vaut mentir, en tout cas sur ce point. Je regarde Väna un instant un silence puis me risque à refaire un pas vers elle avant de baisser la voix pour être certain qu’elle soit la seule à m’entendre bien qu’il y ait peu de chances pour qu’on nous entende puisque nous sommes seuls.

« Je sais que vous êtes capable de grandes choses, c’est juste… »

J’ai grand mal à trouver mes mots. Je crispe la mâchoire, secoue la tête et soupire avant de rabaisser ma main qui a enfin repris son apparence initiale, bien qu’il subsiste des picotements forts désagréables.

« Je ne pouvais pas savoir que ce que vous acceptez, vous l’acceptez pour de bonnes raisons. Tout ce temps j’ai juste cru que vous aviez abandonné, à tort, j’en conviens. »

Et à ce moment-là, un petit sourire vient étirer mes lèvres, mais pas un sourire sombre, oh non : un sourire fier et teinté d’une certaine douceur et bienveillance. Mes yeux aussi doivent parler pour moi : ils ne l’agressent plus, ils la couvent presque.

« Je suis content… » j’avoue à mi-voix. « Et j’espère être dans les parages quand vous leur montrerez que vous n’avez pas abandonné.»

Je la regarde un instant sans rien ajouter, j’hésite. Si je me montre trop avenant cela pourrait rendre la situation plus compliquée qu’elle ne l’est déjà alors, j’opte pour de la distance. Je me redresse légèrement et je mets en place sur mon visage un masque moins doux, plus impassible : c’est mieux.

« On arrête de se faire la guerre ? » je termine par lui demander et même mon ton a changé mais c’est nécessaire au vu de ma demande. Si nous arrêtons ou que nous essayons d’arrêter de nous détester, mieux vaut le faire avec une certaine distance sinon… Eh bien sinon, je risque de céder à mes désirs et cela ne peut clairement pas se produire. Il y a eu ce petit moment de complicité lorsque je me suis exprimé mais c’est tout.

C’est tout…





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Jeu 30 Juil - 21:37
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Only one God, his name is Death. Only one thing we say to Death : “Not today”.
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RESIDENCE : Bramblesland, contrainte d'une vie renfermée, exilée de son pays natal, Väna supporte sa nouvelle demeure plus qu'elle ne la porte dans son propre coeur.
FONCTION : On la nomme Reine, pour elle, elle ne ressemble qu'à un pion avec lequel on joue. Elle voudrait pourtant faire entendre sa voix. Reine du grand Royaume de Bramlesland.
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And if I bleed, I bleed knowing you don't care

Il y a des personnes qui se sentent indignes d’être aimées. Elles ne prennent pas leur place et se font toutes petites, en essayant de n’ouvrir aucune brèche au passé.

Väna aurait tellement aimé ne pas se montrer aussi faible devant lui. Sa faiblesse était sa force et plus elle était fragile, plus il appréciait de la torturer. Elle avait tenté de se défendre, de prouver qu’elle savait être présente et forte, mais l’instant d’apprendre, elle se maudissait d’être aussi violente dans ses propos et elle aurait voulu effacer ses paroles d’un revers de sa main. Elle ne supportait plus longtemps les disputes insoutenables avec Raidan. Elle avait beau tenter de s’expliquer, de s’excuser, elle en était incapable. Toute la haine qu’elle enfermait, toute sa colère venait de se déverser sur ce pauvre homme qui avait simplement ouvert une brèche. Elle s’était engouffrée dedans en avouant ses tords, ses fautes et des espoirs. Des espoirs encore à demi-voix, qu’elle ne pourrait jamais lui divulguer. Si il était au courant de ses projets. Si il savait un jour, ce qu’elle complotait, il serait bientôt, sa tête suspendue à une pique, tout comme elle. Aussi, elle préférait simplement qu’il prenne congé d’elle, et qu’il parte. Qu’ils s’oublient. Elle aimerait que ses yeux bleus arrêtent de la hanter comme elle se sent hanter. Suivie.

Lorsqu’elle sent sa main sur sa peau froide, elle se repousse immédiatement de lui, en se retournant vers le jeune politicien. La peur, la surprise, la font à nouveau reculer. Elle se savait capable de se défendre. Elle ne pensait pas que sa colère était telle, que la glace ne quittait plus ses pores. Elle ne savait pas si elle se sentait soudain fière de son don, ou fébrile à l’idée que, quelques secondes plus tard, le bras tout entier de Raidan aurait pu être gelé. Elle ne s’était jamais comparée à une créature magique, ou à un monstre. Devenait-elle pire que tout cela ?

Mais lorsque ses yeux transpercent les siens, elle n’arrive pas à croire qu’il vient de s’excuser. Le souffle de Väna vient alors de se couper, incapable de parler. Il ne l’attaque plus, ne la rabaisse plus. Où est passé Raidan ? Pourquoi souhaite-t-il tant changer d’un coup ? Elle n’a rien fait pour qu’il se transforme ainsi. Après tout, elle l’avait blessé, de son don, sa peau devenue glace. Elle l’avait attaqué alors qu’il n’avait aucun moyen de se défendre. Elle ne comprenait pas pourquoi il lui souriait, pourquoi il se montrait doux et attentionné. Il ne l’avait jamais fait, il ne l’avait jamais tenté. Il était toujours resté l’homme distant et froid qu’elle avait connu. Elle n’osait pas le couper dans ses paroles, sentant bien la délicatesse de chaque mot choisi. Aurait-il peur de sa réaction ? Väna espérait le contraire. Elle ne cherchait pas à lui faire peur. Au contraire. Elle sourirait presque lorsqu’il lui offre une remarque sur le fait qu’elle n’a pas abandonné. Si elle laissait ses cartes tomber, elle perdait le jeu du trône maintenant. Elle perdait sa vie. « Je sais tout sur vous, Raidan Dunbroch-Starkey. Simplement parce que j’ai des yeux et des oreilles partout. Je sais que vous êtes un ancien pirate, qui a quitté son navire suite à la mort de son second, par votre faute. Vous auriez devenir duc n’est ce pas ? Vous avez laissé derrière vous, vos parents, votre sœur, Osla, des jumeaux… Vous ne croyez quand vous, et toujours en vous-même.  » Elle préféra se taire. Bien sûr, ses informations, elle n’avait pas été les chercher bien loin, mais tellement de rumeurs circulaient sur le jeune homme, qu’elle avait du réussir à espionner pour trouver la vérité dans le mensonge.

Il proposa alors d’arrêter de se faire la guerre, rien qui ne pouvait pas plaire à la jeune femme. Pourtant elle se mordilla la lèvre, indécise. Ainsi, c’était une guerre ? Elle ne l’avait jamais vu ainsi. « Ne soyez pas si dramatique. Si nous étions en guerre, vous serez gelé depuis longtemps.  » Elle lui ajouta un sourire avant de regarder ses propres mains. Son propre corps avait réagi sous la menace. Elle fronça les sourcils avant de reprendre. « C’est la première fois que cela m’arrive.  » Elle releva les yeux vers ceux du jeune homme en prenant une inspiration. Elle ne savait pas pourquoi, mais elle se sentait attirée par cet homme. Elle ne l’avait repoussé que pour des raisons de convenance et de respect. Elle avait aimé ses lèvres sur les siennes, comparé à celle de son mari. Moins brutales, moins fortes. Sans sous entendues. Sans gestes brusques par la suite. « Raidan, je…  » Elle tenta de terminer sa phrase, mais elle ne savait pas elle-même où elle souhaitait en venir. Elle rapprocha instantanément son corps du sien, ne les sépara de quelques centimètres. « je… pense que vous auriez du choisir une autre cour que celle de Ravenswood.  » Elle baissa ses yeux, honteuse. Ici, le danger était imminent. Et lorsqu’elle prendrait la fuite, il sera l’un des premiers  questionnés. Ce n’était qu’une question de temps.


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Ven 31 Juil - 19:50
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THE MIND IS EVERYTHING.
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RESIDENCE : A ce jour, Raidan a élu domicile au sein de Bramblesland. C'est un endroit qui lui convient puisqu'il a réussi à s'y faire une place. Sa contrée d'origine ne lui manque absolument pas puisqu'il l'a quittée alors qu'il était relativement jeune.
FONCTION : Il est conseiller politique, voix du peuple auprès des plus grands mais également sa propre voix. C'est à force de travail mais aussi et surtout de jeu et de manipulation qu'il a réussi à en être là où il en est.
HUMEUR : Il est d'une humeur plutôt instable depuis quelques temps, plus qu'à l'ordinaire disons et il maudit tant qu'il désire la cause de cette humeur instable.
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And if I bleed,

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Elle prononce des mots auxquels je ne m’attends pas. Elle parle de moi. Elle parle de celui que je suis et je suis surpris d’apprendre qu’elle sait autant de choses à mon sujet. Comment peut-elle en savoir autant ? Comment peut-elle savoir pour le Pandore et Thomas ? Comment peut-être elle savoir que j’aurais dû devenir duc et que j’ai laissé toute ma famille derrière moi ? Elle dit avoir des oreilles et des yeux partout mais cela est-il suffisant pour en savoir autant ? De plus, il y a pas mal de rumeurs à mon sujet alors comment a-t-elle réussi à séparer le vrai du faux ? Elle a cherché. Il est certain qu’elle a cherché sinon, elle ne pourrait connaître autant de détails de mon existence. Cela pourrait me déranger mais c’est bien l’inverse : je suis plutôt satisfait qu’elle ait cherché à en savoir, cela veut dire que je lui ai inspiré ne serait-ce qu’une once de curiosité et cela a de quoi me contenter. Comme le fait d’arrêter de me battre au quotidien avec elle pourrait me contenter également et c’est bien pour cela que je lui proposé d’arrêter cette guerre car oui, pour moi, il s’agit là d’une véritable guerre que nous menons de front depuis plusieurs mois, l’un ne laissant que très rarement de répit à l’autre. Et je suis fatigué, fatigué de me battre, plus particulièrement maintenant que je sais que ce combat était vain et sans aucun véritable sens. Je me suis battu contre elle car je croyais qu’elle avait abandonné et qu’elle n’usait d’aucune force alors qu’elle en possédait beaucoup. A présent, je sais que la vérité est toute autre : je sais qu’elle a l’intention d’user de sa force mais qu’elle attend simplement le moment opportun pour le faire ce qui, je dois bien l’avouer, me plaît davantage encore que si elle avait finalement déjà usé de cette même force. Tapie dans l’ombre elle observe, elle patiente et quand le moment de frapper viendra, personne ne l’aura vu venir. Enfin, presque personne. Touché, je le suis qu’elle soit confiée à moi-même si c’était malgré elle.

Elle, qui esquisse un sourire. Un véritable sourire sans froideur dissimulée, sans haine cachée. Une première, à croire que l’un comme l’autre sommes décidés à véritablement faire un effort pour cesser de nous faire du mal inutilement. Elle détourne finalement le regard et observe ses mains. Je suis son regard et lorsque mes yeux se posent sur ses mains, je repense à ma main glacée quelques instants auparavant et j’en frissonne encore. Soudain, Väna m’avoue qu’il ne lui était jamais arrivé ce genre de chose. J’ai donc provoqué cette réaction chez elle ? Je ne saurais dire si je suis flatté ou effrayé. Sans doute un peu des deux en réalité. Si j’éveille de telles réactions, c’est que ne lui suis pas indifférent et bon sang, je ne devrais même pas m’en réjouir. Mais comment ne pas m’en réjouir alors qu’elle éveille les mêmes choses en moi ? Comment ne pas m’en réjouir alors qu’elle vient de relever son regard vers moi et que je m’y perds bien volontiers. Finalement, notre guerre valait peut-être mieux car, bien qu’il me faille garder mes distances, j’ai peur de ne pas y parvenir. Plus particulièrement lorsqu’elle prononce mon prénom comme elle vient de le faire. Particulièrement lorsqu’elle se rapproche de moi comme elle vient de le faire. Mon cœur s’emballe et je me crispe, ne faisant aucun geste pour me rapprocher d’elle bien que mon corps tout entier en ait envie. Elle est trop près, beaucoup trop près. Elle ne devrait pas s’approcher de moi de cette façon. La distance est essentielle. Je pourrais très bien faire un pas en arrière mais je n’y parviens pas. Si je sais contrôler mon corps pour qu’il n’avance pas pour se coller à elle, je ne suis pas assez fort pour reculer.

Pas assez fort non.

Puis, viennent d’autres mots, des mots auxquels je ne m’attendais pas. Je fronce les sourcils quand je l’entends me dire que j’aurais dû choisir une autre cour que celle de Ravenswood et, quand elle baisse les yeux, je penche doucement la tête sur le côté, laissant mon esprit s’accapare ses mots pour correctement les comprendre. Quand enfin je comprends l’allusion, que je sais ce qu’elle cache derrière ces mots, je soupire. Le danger est là. Il rôde. Partout. Je le sais. Je l’ai toujours su, dès mon arrivée ici. Ce feu qui consume les souverains pourrait bien me brûler vif mais la vérité est que je ne crains pas leurs flammes ni la mort. Pas alors que je me sens vivant, plus vivant que je ne l’ai été depuis bien longtemps maintenant. Ma main me picote, j’ai envie de la lever, j’ai envie de la toucher, elle, je le veux mais je parviens à me retenir par je ne sais quel stratagème. Pour le moment en tout cas. J’ai aussi envie de me pencher vers elle mais je ne le fais pas parce qu’il me faut garder de la distance. C’est capital.

« Si j’avais choisi une autre cour, je ne vous aurais jamais rencontrée… » je murmure tout bas.

Ces mots je ne devrais pas les prononcer mais il est trop tard. J’ai parlé. Je lui ai parlé. Et, porté par mes mots, voilà que mon corps agit tout seul et que ma main se soulève. L’effort que je dois faire pour stopper ma main est inqualifiable tant il est grand. Je m’arrête alors que je suis sur le point de toucher sa joue, je serre le poing et, j’ignore comment, je parviens à trouver la force de non seulement ne pas la toucher mais en plus de faire un pas en arrière pour mettre de la distance entre elle et moi. Il m’est plus facile de lui parler si je suis éloigné.

« Je me sens véritablement stupide. Tout ce temps à vous haïr pour de mauvaises raisons, à vous juger sans savoir… Il aurait suffi que je vous dise plus tôt ce que je vous ai dit ce soir. »

Je détourne mon regard d’elle et baisse légèrement le visage. Cette haine avec laquelle je vivais et qui se dissipe me parait tellement futile à présent. Ceci dit, elle était au moins un frein à l’autre sentiment qui m’étreint depuis le début et, maintenant que la haine s’échappe, ce sentiment va prendre le dessus : comment vais-je m’en défaire ? Comment vais-je y résister ?

« Il ne faut pas… » je dis tout bas, la voix serrée si bien qu’elle ne m’entend probablement pas. Je me risque à relever mon regard vers elle et, malgré mon trouble, je parviens à garder un visage fermé. Ma mâchoire est crispé, tout mon corps l’est en fait, plus encore quand la totalité de la phrase franchit enfin la barrière de mes lèvres. « Vous ne devez plus vous approcher aussi près de moi Väna. » je parviens enfin à dire. « Il y a des choses… Des pensées… Väna, je n’ai pas oublié ce jour-là même si j’ai maintes fois tenté de le faire. Je n’ai pas oublié et quand vous vous approchez comme ça… »

Silence. Voix tremblante. Détournement du regard une fois de plus.

« Il est tellement plus facile de haïr… » je dis dans ma barbe.

Oui, il est plus facile de haïr que…






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Dim 2 Aoû - 21:39
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Il y a des personnes qui se sentent indignes d’être aimées. Elles ne prennent pas leur place et se font toutes petites, en essayant de n’ouvrir aucune brèche au passé.

Väna ne se rendait pas bien compte du danger qu’elle apportait à chacun de ses pas avancés vers Raidan. Elle avait ce besoin d’être prêt de lui, de lui montrer qu’elle était bien présente à ses cotés toujours à ses cotés. Elle ressemblait peut-être à une folle en ayant autant espionné le jeune homme mais elle avait besoin d’alliées à sa cour et chaque nouvelle personne qui arrivait était l’objet d’un espionnage intensif de la part de la jeune femme. Elle refusait d’être à nouveau la mauvaise reine en choisissant mal ses précieux amis. Raidan, était sans doute, la personne en qui elle avait le moins confiance, mais en même temps, dont elle se sentait le plus proche. Elle n’était pas certaine de réussir un jour à lui avouer ce qu’elle préparait, elle craignait qu’il prenne peur et qu’il la fuit. Ou pire encore.

Elle n’avait pas encore remarqué l’effet dont elle affectait Raidan lorsqu’elle s’approchait de lui. Elle aurait pu presque le toucher, l’embrasser, mais elle se refusait à ses pensées si violentes et si provocantes. Si jamais cela recommençait, c’était leur vie qu’ils joueraient. Ils n’avaient pas le temps de perdre la vie, pas le temps de s’arrêter pour une attirance. Pourtant, Väna n’arrivait pas à se détacher du regard bleuté de l’homme qu’elle avait en face d’elle. Hypnotisée, elle avouait, sans crainte, le fait qu’il ne devrait pas être ici. L’idée de rejoindre le rang des nobles semblait si belle, mais pas à Ravenswood. Pas dans un pays meurtri par les dragons et la guerre qui s’accentuait dans les cœurs. Ses yeux se baissèrent face à sa remarque. Elle n’était pas certaine que leur rencontre avait été utile à Raidan. Elle lui avait plus apporté des ennuis et des disputes. Il avait été rapidement remarqué pour être détesté par une reine. « Peut-être que cela aurait été mieux pour vous. Vous auriez vécu une carrière sans aucune querelle avec la reine.  »  Elle se souvenait parfaitement de sa vie avant sa rencontre avant le conseiller. Effectivement, elle n’était qu’un pion. Un échec que les Thorsfield prenaient plaisait à faire avancer sans son avis. Mais depuis, elle avait changé. Sans s’imposer, elle ne se dérangeait plus pour déposer ses remarques cyniques à ses ennemis.

Un frisson intense la parcourra lorqu’elle vit la main du jeune homme s’approcher de sa joue. Elle fut incapable de bouger, mais lorsqu’il referma son poing, elle se sentit blessée. La chute fut encore plus grande lorsqu’il s’éloigna à nouveau d’elle. Blessée. Elle était une reine blessée dans son amour.  Elle sentait qu’il déviait vers un autre sujet, revenant sur le passé, passé qu’elle tentait de lui cacher pour le protéger. Elle se doutait que cela l’intéressait la curiosité prenant le devant, mais elle ne devait pas céder. Elle devait taire ses plans pour sa propre sécurité. « Vous auriez du effectivement. Mais je ne vous aurais rien dit. Alors que ce soir… Il y avait des circonstances différentes. » Elle en avait presque oublier Aeddan courant dans le jupon d’une autre femme. Elle avala difficilement sa salive, le regard amer. Combien de temps, accepterait-elle encore cela ?

Väna tentait de faire bonne figure, mais l’éloignement de Raidan l’avait troublé. Elle aurait aimé rester de lui plus longtemps, encore. Elle sursauta lorsqu’elle l’entendit murmurer sans déchiffrer ce qu’il venait de dire. Elle voulu en savoir plus mais les yeux de Raidan croisèrent les siens. Elle sent son âme se briser lorsqu’il lui demande l’impensable. Ne plus s’approcher de lui ? Elle a tenté de le faire pendant des jours, des années pour éviter d’être attiré vers lui, chaque seconde de sa vie. Elle a détourné des couloirs, éviter des réunions, se terrer dans sa prison pour l’éviter. Pour une fois, pour une fois, elle s’autorisait un peu de bonheur, on le lui reprenait encore ? Elle se souvenait parfaitement de ses lèvres, de sa douceur malgré la haine, de sa main sur sa joue, douce plutôt que violente. Il quitta son regard en ajoutant la phrase qui acheva Väna. Il avait certainement raison. Haïr était un sentiment tellement plus facile, tellement simple à s’offrir. L’attirance était difficile, impossible, sentiment de souffrance, d’abandon. « Je croyais que la guerre était terminée.  » Un murmure, un simple souffle à peine audible, que seul le conseiller aurait pu écouter. Väna avait à son tour baissé les yeux, à son tour refusé son bonheur. Mais elle ne pouvait pas, elle ne pouvait plus.

Elle se rapprocha volontairement de Raidan, sans qu’il n’est le temps de reculer de nouveau. Passant sa main derrière son cou, elle posa légèrement ses lèvres sur les siennes, n’attendant aucune acceptation de sa part. Elle avait besoin de lui, prêt d’elle. S’il voulait haïr qu’il le fasse, elle s’en fichait. Elle été hanté par ce souvenir avec un goût d’inachevé, elle n’arrivait plus à l’effacer de sa mémoire. Elle retira sa main, puis ses lèvres, malgré que son corps soit toujours collé à celui de Raidan. Elle était immobile, sans la capacité de se mouvoir, seuls ses yeux recherchaient ceux de Raidan. « Je ne vous ai pas oublié. Je n’arrive pas à vous oubliez. » Elle ferma un instant les yeux, le froid de son corps s’accentua de nouveau. « Je sais ce que je ne dois pas faire en tant que reine. Mais je sais aussi, que j’ai le droit de vivre mes propres envies. Et j’en avais envie. Aujourd’hui, comme dans le passé.  » Elle se retira des bras de Raidan, malgré ses envies, malgré son bien-être. Bien-être qu’elle s’était toujours refusé.



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Lun 3 Aoû - 18:59
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Il me faut rester éloigné d’elle, c’est le mieux tant pour elle que pour moi. Nous risquons gros. Nous risquons trop. Nous ne pouvons pas nous laisser emporter par nos envies, par notre désir, ou par ce que notre cœur peut nous dicter car, si jusqu’à aujourd’hui, je savais que je la maudissais autant que je la désirais, si je savais que je la maudissais parce que je la désirais, je sais à présent que je la maudissais surtout autant que je pouvais l’aimer. Ce n’est pas l’histoire d’un simple désir latent, pas l’histoire d’une simple envie de la faire mienne juste pour une nuit, cela va bien au-delà et, en l’espace de quelques instants, à l’échange de ces quelques phrases avec elle, j’ai pris pleinement conscience de cela : j’ai pris pleinement conscience qu’elle éveille en moi un sentiment qu’une seule créature ait, jusqu’à présent, jamais éveillé en moi et c’était il y a fort longtemps. Alors il faut m’éloigner d’elle et ce, même si je ne souhaite effectivement plus lui faire la guerre. Je suis fatigué de ça. Fatigué de la détester. C’est éreintant. Plus facile, certes, mais éreintant… Je ne veux plus me battre avec elle parce qu’en réalité, je vais déjà devoir me battre avec mes propres sentiments maintenant qu’ils sont plus clairs et je ne peux clairement pas mener ces deux combats de front. Alors oui, terminé la guerre. Je veux que l’on puisse se croiser sans se jeter des choses immondes à la figure, je veux que l’on puisse se croiser en se souriant cordialement et en parvenant à se parler comme deux êtres normaux ayant une relation normale peuvent parler. Voilà ce que je veux. Enfin, pas réellement. Ce que je veux c’est bien autre chose mais je dois m’interdire de ne serait-ce qu’y songer.

Je me l’interdis définitivement.

Alors je me ferme à elle. Je m’éloigne d’elle et j’espère qu’elle saura respecter ma volonté. J’espère qu’elle va comprendre que ce que je fais, je le fais parce qu’il faut le faire, parce que c’est plus prudent pour nous. Il est important qu’elle le comprenne. Elle baisse les yeux : elle a compris alors. Bien. Très bien même. Alors pourquoi ai-je mal ? Pourquoi ai-je soudainement envie de hurler ? Je prends une profonde inspiration, esquisse un geste pour lui tourner le dos, ressentant soudainement le besoin de m’isoler mais je me fige quand je la vois bouger. Pourtant, il faudrait que je bouge, il faudrait que je me recule mais j’en suis tout bonnement incapable. Mes pieds sont ancrés dans le sol, mon cœur se met à battre si vite qu’il m’en fait mal aux côtés et plus elle se rapproche, plus je me tends. Elle se rapproche trop. Elle se rapproche dangereusement de moi. Mon souffle devient difficile : que fait-elle ? Que veut-elle ? Moi. Nous. Elle passe soudainement sa main derrière mon cou et un frisson me parcourt l’échine. Ce n’est ceci rien comparé au moment où il vient poser ses lèvres sur les miennes. Plus tendu que la corde d’un arc, je ne réponds même pas à son baiser tant je suis pétrifié sur place. Pétrifié par toutes les émotions qui me traverse : désir, peur, envie, appréhension, amour, raison. Tout, tout s’entrechoque. Absolument tout. Elle termine par se reculer mais reste auprès de moi, reste collée à moi. Non. Il faut qu’elle s’en aille. Il faut qu’elle se recule. Pourquoi fait-elle ça ? Pourquoi nous fait-elle ça ? Pourquoi me fait-elle ça ? Nos regards sont vrillés l’un dans l’autre, ma mâchoire est crispée tout comme le reste de mon corps. Je lutte et la lutte est fort difficile.

Quand la voix de Väna s’élève, je ferme les yeux. Elle dit qu’elle n’a pas oublié, qu’elle ne m’a pas, moi, oublié, et ses mots glissent sur moi comme un tissu chaud et agréable. Je préférais quand ses mots me faisaient mal car, au moins, cela rendait les choses plus faciles. J’ai cependant ouvert une porte ce soir que Väna ne semble pas vouloir refermer. Et moi ? Est-ce que je le souhaite ? Non, je ne le souhaite pas même s’il le faudrait mais il existe une réelle différence entre ce que l’on veut et ce que l’on doit faire, une immense différence entre le cœur et la raison et même si les deux réagissent aux mots de Väna, il m’est à chaque seconde de plus en plus difficile de rester sous l’emprise de la raison qui a du mal à garder sa place. Elle sait, Väna, elle sait ce qu’elle ne doit pas faire et moi aussi je le sais, mais elle veut vivre ses propres envies et c’est ce qu’elle a fait aujourd’hui, comme elle l’a fait dans le passé. Ce sont ses mots. Ce sont ses pensées. Ils font écho aux miennes. Je la sens s’éloigner et je rouvre aussitôt les yeux avant d’attraper son poignet et, cette fois-ci, ma main ne se retrouve pas glacée bien que sa peau soit froide. Il subsiste un bref instant durant lequel nos regards se croisent et je sais que le mien vient de s’embraser. Pour elle. Je la ramène à moi et pose mes lèvres sur les siennes.

La raison a définitivement perdu le combat.

Mes mains viennent encadrer le visage de Väna et si ses lèvres ont tout à l’heure embrassé les miennes avec une certaine douceur, c’est une passion bien plus sauvage qui m’anime ou, plus exactement, que Väna fait s’animer. Alors mon baiser a plus de fougue, plus de vigueur, plus de chaleur. Lorsque finalement je recule mon visage mais laisse mes lèvres proches des siennes, juste assez pour pouvoir respirer de nouveau, je plonge mon regard dans le sien et, je fais alors une chose dont j’ai souvent rêvé : je viens délicatement passer ma main dans sa magnifique chevelure. J’en ai tant rêvé que cela m’en arrache un sourire tandis que je la dévore des yeux. Nos corps sont proches, collés, nos lèvres sont si proches que chacun peut sentir le souffle de l’autre. Là, nichés derrière la colonne de pierre, à l’abri des regards, nous franchissons l’interdit, faisons l’impensable : nous cédons. Et je finis par en perdre mon sourire. Mon regard, bien que toujours habité de désir et de chaleur s’assombrit et, c’est dans un souffle que je m’adresse à elle.

« Nous nous sommes condamnés à l’Enfer… » je murmure tout en la dévorant du regard.

Mon pouce vient délicatement redessiner le contour de ses lèvres.

« Veux-tu redevenir Reine tout de suite ou souhaites-tu rester simple femme encore un peu ? »

Une question qui en dit long et le choix lui appartient. Je vais le regretter, je sais que je vais le regretter quand la raison va revenir se glisser sournoisement dans mon esprit et dans mon cœur, mais en attendant… Je vais profiter de mon Enfer avec elle.





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Lun 3 Aoû - 20:48
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Only one God, his name is Death. Only one thing we say to Death : “Not today”.
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ARRIVÉE DANS LE SUD : 12/07/2015
PARCHEMINS : 6
POUSSIÈRE DE FEE : 0
RESIDENCE : Bramblesland, contrainte d'une vie renfermée, exilée de son pays natal, Väna supporte sa nouvelle demeure plus qu'elle ne la porte dans son propre coeur.
FONCTION : On la nomme Reine, pour elle, elle ne ressemble qu'à un pion avec lequel on joue. Elle voudrait pourtant faire entendre sa voix. Reine du grand Royaume de Bramlesland.
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And if I bleed, I bleed knowing you don't care

Il y a des personnes qui se sentent indignes d’être aimées. Elles ne prennent pas leur place et se font toutes petites, en essayant de n’ouvrir aucune brèche au passé.

Les risques, le danger, la peur, la souffrance. Elle oubliait tout. Elle se laissait enfin un peu de place, à elle, à ses envies, à ses propres choix. Pourquoi aujourd’hui et pas avant ? Pourquoi enfin céder alors qu’elle aurait pu tenir… Ou peut-être pas. Peut-être était-il tant, qu’elle s’accorde du temps, à lui, à eux. Existait-il ce mot ? S’accordait-il à leur relation ? Pouvait-elle se le permettre ? Bien sûr que non. Rien ne lui permettait.  Pourtant, lorsqu’elle toucha ses lèvres, lorsqu’elle le senti si loin, si froid, elle se rendit compte de l’erreur qu’elle avait pu faire. Finalement, elle n’était qu’un pion qu’il espérait jouer. Elle s’était tellement trompée sur son compte, il était bien un homme mauvais, aussi mauvais que son époux. Il ne l’aimait pas. Il n’avait jamais ressenti quoique ce soit à son égard, pas une once de sentiments sincères. Pour la première fois de sa vie, elle avait espéré. Et pour la première fois, elle tombait de son grade de Reine et devenait une simple femme, blessée dans son amour, dans sa haine. Dans la douleur d’un trou dans son cœur. Alors, dans un dernier espoir, elle lui avait glissé ses mots, ses paroles, espérant qu’il réagisse. Qu’il l’écoute et l’entende.

Ses yeux restent aussi clos que son cœur. Elle comprend soudain, qu’elle perd le combat. Qu’elle a perdue. Elle s’éloigne un instant de cet homme. Qui est-il vraiment et que connait-elle de lui ? Rien. Mais tout en lui, l’attire. Elle se déchire, elle souffre tel un martyr, mais jamais elle n’avait montré sa souffrance. Pourtant, aujourd’hui, elle lui a offert son amour, son corps, rien qu’il ne décide d’accepter. Il la refuse, la repousse. Elle sent alors sa main sur sa peau et un frisson la parcoure de nouveau. Elle croise alors son regard, son souffle chaud sur sa peau et elle a peur. Sa réaction si imprévisible la terrifie, elle, l’âme de glace. Elle se laisse approcher, baissant à nouveau sa garde, acceptant la sentence. La souffrance. Pourtant lorsqu’il pose ses lèvres sur les siennes, elle ne peut s’empêcher de répondre à son baiser. Elle ne peut plus se passer de ses lèvres sur les siennes. Elle refuse un simple baiser doux et simple, elle accepte la chaleur et le mélange de leurs langues. Lorsqu’elle sent les mains de Raidan sur sa joue, elle ne peut pas s’empêcher de poser les siennes sur son torse. Elle est bien, elle se sent libéré, et malgré qu’elle sache parfaitement ce qu’elle risque, elle ne voudrait pas le laisser fuir. Elle refuse de le laisser partir de nouveau. Haletante lorsqu’il s’écarte d’elle, elle aime être proche de lui, et sentir son souffle sur sa peau. Elle dépose son front contre le sien, et attrape les poignets du jeune homme avec ses délicates mains. Väna sent un frisson dans tout son corps lorsqu’il passe une main dans ses cheveux. C’est tellement différent d’Aeddan. Pas si violent, si douloureux. Elle se sent bien. Elle arrive à être bien auprès d’un homme. Il ne la frappe pas, ne tente pas de lui défigurer le visage par la douleur et ne lui arrache aucun cri. C’est tellement plus agréable. Elle posa sa tête sur le torse du jeune homme, oubliant la guerre, la souffrance, son mariage. Elle voudrait s’enfuir. Partir. Elle sait qu’elle le peut. Mais comment lui dire ?

L’Enfer. Cela parait si beau lorsqu’elle s’imagine à ses côtés. L’Enfer c’est les autres, autour d’eux, les dévorant de leurs yeux, souhaitant leurs morts. Mais ils ne les auront pas. Parce qu’au dessus de cet Enfer, il y a l’Espoir, l’Espoir qui a agité le cœur de Väna ce soir. L’Espoir qui la caché elle, la Reine, dans le noir, avec lui, le Conseiller. Elle relève la tête face à lui, défiant son regard. « Auriez-vous peur des abîmes de l’Enfer ? » Elle ne craint qu’elle ne connaisse pas encore. Elle accepterait volontiers de découvrir ce monde à ses cotés. Car malgré tout ce qu’elle peut avouer, ce n’est pas qu’une attirance charnelle, pas qu’une nuit loin de son mari. Elle imagine plus, tellement plus qu’elle ne le devrait. Qu’elle ne devrait pas accepter ni dans son cœur, ni là, maintenant. Elle devrait partir, fuir, sa Raison l’attaque, et son Cœur perd la face. Mais quand les doigts de Raidan passe délicatement sur ses lèvres, elle ne peut pas, elle ne peut plus. Elle ne veut être qu’à lui, elle veut être tout pour lui.

Reine ou Femme. Le choix semble si simple à ses yeux. Elle voudrait tellement qu’il soit aussi simple dans son esprit. Tout est embrumé, tout est perdu. Mais, Väna n’écoute plus les cris de sa Raison, les hurlements de son cœur sont tellement plus forts. Elle dépose de nouveau ses lèvres sur celui de Raidan, incapable de résister plus longtemps. « Je croyais que tu n’acceptais plus de femme dans ta vie ?  » Elle haussa un sourcil, en lui souriant. Ce n’était pas un défi, rien de plus, qu’une question, mais dans ses yeux, elle pétillait d’impatience. Elle retira les mains de Raidan de son visage et l’obligea à la suivre. Personne n’était là, curieux de voyager la nuit, elle avait l’impression qu’ils étaient seuls dans le château, le simple vol des Dragons au dessus de sa tête, la ramenait à la réalité. Elle accéléra le pas, jusqu’à la porte de sa chambre. Lorsqu’elle ouvrit la porte, elle poussa doucement Raidan dedans, avant de refermer bien attentivement derrière elle. « C’est là que je vis. Que j’attends.  » Elle ferma les yeux, passant ses bras sur sa peau frissonnante. Les nuits sont longues lorsqu’il est à ses cotés dans son lit. Elle préfère dormir seule, mais il ne lui laisse pas le choix. Jamais, elle n’a le choix. « Raidan, il y a quelque chose, que tu dois savoir. » Elle ouvrit à nouveau ses yeux, assombrit par la peur de la fuite. Elle ne pouvait pas s’aventurer dans ses nouveaux sentiments sans qu’il ne sache réellement qui elle était. « Je t’ai dit que j’attendais pour me faire entendre. Seulement, je ne cherche pas qu’à me faire entendre par les Thornsfield. Je me soulève contre eux. » Elle recula d’un pas, cognant son fragile corps contre la porte. Elle ne pouvait pas reculer, simplement de nouveau baisser le regard. Ses pensées se dirigèrent immédiatement vers Tristan. Le Ascroft avait besoin d’elle et malgré sa folie, elle espérait que demain matin, elle serait toujours vivante.



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Mer 12 Aoû - 18:45
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THE MIND IS EVERYTHING.
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ARRIVÉE DANS LE SUD : 26/07/2015
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RESIDENCE : A ce jour, Raidan a élu domicile au sein de Bramblesland. C'est un endroit qui lui convient puisqu'il a réussi à s'y faire une place. Sa contrée d'origine ne lui manque absolument pas puisqu'il l'a quittée alors qu'il était relativement jeune.
FONCTION : Il est conseiller politique, voix du peuple auprès des plus grands mais également sa propre voix. C'est à force de travail mais aussi et surtout de jeu et de manipulation qu'il a réussi à en être là où il en est.
HUMEUR : Il est d'une humeur plutôt instable depuis quelques temps, plus qu'à l'ordinaire disons et il maudit tant qu'il désire la cause de cette humeur instable.
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Si j’ai peur de l’Enfer ? Pas avec elle non, pas avec elle. Je suis cependant bien conscient que c’est ce qui nous attend maintenant que nous avons franchi cette limite. Il n’y a plus aucun retour en arrière possible et ce sont bien des souffrances qui se profilent à l’horizon mais que sont ces souffrances comparées au reste ? Que sont ces souffrances comparées à ses lèvres, à ses bras, à son étreinte ? Je suis prêt à les endurer alors que je n’y avais pourtant jamais songé. Comme les choses peuvent changer en un battement de cil, comme tout peut être remis en question alors que l’on ne pensait pas cela possible. C’est parce que tout est soudainement remis en question que je vais jusqu’à lui parler de la sorte, que je vais jusqu’à lui demander si elle souhaite déjà redevenir la Reine ou si elle souhaite demeurer femme encore un peu à mes côtés. Un peu plus et je ne me reconnaîtrais presque plus. Je suis là, face à elle, mes yeux plongés dans les siens et j’attends sa décision que je respecterai quoi qu’il advienne. Je ne suis pas homme à forcer une femme contrairement à d’autres… Je patiente donc, suspendu à ses lèvres, à son choix et quand elle vient délicatement poser ses lèvres sur les miennes, un nouveau frisson parcourt mon corps entier. Cet effet qu’elle a sur moi est totalement déraisonné, irrationnel et pourtant, je ne peux que faire face à ce qu’elle éveille en moi. Davantage encore quand elle prononce ces quelques mots quant au fait qu’elle pensait que je n’acceptais plus de femme dans ma vie. Alors, un sourire vient étirer mes lèvres et, c’est dans un souffle que mes mots font écho aux siens.

« Tu n’es pas n’importe quelle femme… »

Cela pourrait s’apparenter à une déclaration si on cherchait vraiment à creuser ce qui se cache derrière ces mots. Peut-être qu’elle le fera, peut-être pas. En tout cas, elle fait son choix et décide de demeurer femme ce qui, intérieurement, fait bondir mon cœur. J’ai envie de plus, je veux plus d’elle et si elle avait choisi de se séparer de moi pour ce soir, bien sûr que je l’aurais accepté mais pas sans ressentir une pointe au cœur. Ses yeux pétillent, les miens sans doute aussi quand elle retire mes mains de son visage avant de m’inviter à la suivre, ce que je m’empresse de faire. C’est en silence que nous nous avançons dans les couloirs sombres et silencieux du château. Je lance des regards circulaires, j’observe, anxieux, les entrailles nouées de peur qu’on nous surprenne et je réalise que cela va faire partie de l’enfer qui sera le nôtre à présent. La peur d’être découverts, la peur d’être séparés… Je pourrais regretter d’avoir été si loin, d’être sur le point d’aller encore plus loin. Je pourrais regretter oui mais je ne regrette pas. Cela sera difficile mais je refuse de renoncer à ce qu’elle me fait ressentir. Je refuse de renonce à ça. Alors je la suis docilement et, après qu’elle ait ouvert une grande porte, elle me pousse à l’intérieur de la pièce. Je réalise, en regardant autour de moi, qu’elle n’a pas choisi un lieu au hasard : c’est sa chambre. Mon regard glisse sur les murs, les meubles, sur son lit et mon cœur s’emballe soudain car des images m’apparaissent, des images qui me sont interdites et qui pourtant s’imposent à moi d’elles-mêmes. Je tente de les chasser en fermant les yeux  quand j’entends la voix de Väna. Je prends une inspiration et me retourne vers elle en ouvrant les yeux, l’observant avec une réelle intensité lorsqu’elle m’avoue à demie voix que c’est ici qu’elle vit, qu’elle attend.

Qu’elle attend ? Mais qu’elle attend quoi ?

Je fronce les sourcils, ne saisissant pas bien ce qu’elle veut dire par là. Lorsqu’elle ouvre les yeux, nos regards se croisent et je perçois un voile de peur dans ses prunelles ce qui me fait froncer davantage les sourcils encore. Un petit instant de silence subsiste avant qu’elle ne reprenne la parole et ses mots éveillent une réelle curiosité chez moi, une curiosité bien vite étanchée quand elle m’avoue l’inavouable.

« Tu… Quoi ? » je lui demande dans un souffle en écarquillant les yeux tandis qu’elle se recule pour finalement se cogner contre la porte. Je la fixe droit dans les yeux pendant de longues secondes avant de détourner mon regard tout en portant ma main à ma bouche. Elle veut se soulever contre eux, elle veut les renverser. « Oh… » j’ajoute tout bas en retirant ma main et en relevant mon regard vers Väna. « Je… j’ai… » Du mal à trouver mes mots. Un bref rire nerveux s’échappe de mes lèvres. « Je me suis vraiment, vraiment trompé à ton sujet. Moi qui te pensais faible… Tu prépares un soulèvement c’est… »

Je ne termine pas ma phrase. Les mots meurent tandis que je détourne de nouveau mon regard. Je suis choqué et perdu. Si je voulais qu’elle montre de quoi elle était capable, je ne m’attendais pas à ce qu’elle cherche à détrôner les Thornsfield. Je fais quelques pas dans la chambre en croisant les bras, repassant les mots de Väna encore et encore dans mon esprit. J’ai besoin de ces quelques instants pour réfléchir à ce qu’elle vient de me dire. Elle veut les trahir et elle vient de me l’avouer. Elle vient de me confier son secret. Son grand secret et moi… Moi, je suis conseiller royal, moi, je sers les Thornsfield même si avant de les servir eux c’est ma propre ambition que je sers mais leur pouvoir m’a attiré, je ne peux le nier, et ce pouvoir, Väna veut le leur reprendre. Et moi dans tout ça ?

« C’est un jeu dangereux auquel tu t’adonnes. » je termine par lui dire en m’arrêtant de faire les cents pas et en glissant mon regard sur elle. « Et je me demande quel rôle tu t’attends à me voir jouer. » j’ajoute d’une voix moins tendre que tout à l’heure, plus froide, plus à l’image de ce que je lui ai toujours réservé jusque-là. « Tu… » Un silence. « Tu souhaites que je le trahisse doublement, c’est bien ça ? Parce qu’être là, parce que ce que j’ai fait, parce que ce que j’ai envie de faire, c’est déjà le trahir… » Je fais un pas vers elle. « J’étais là pour le servir et toi… Toi… » J’arrive à sa hauteur, plonge mon regard que je sais perturbé dans le sien, glisse ma main sur sa gorge mais si ce geste peut au premier abord sembler mauvais, il n’en est rien car très vite, c’est sur sa clavicule que ma main vient se poser et je caresse sa peau du bout de mes doigts. « Que veux-tu de moi ? » je lui demande finalement dans un souffle alors que mon visage s’est à nouveau dangereusement rapproché du sien.

J’ai besoin de savoir quelles sont ses intentions. J’ai besoin de savoir ce qu’elle attend de moi. J’ai besoin de savoir où elle souhaite me voir aller pour savoir si moi-même je suis prêt à y aller tout simplement car là, tout se joue, pour elle comme pour moi.

Pour nous.







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